samedi 20 juin 2009

Du vert et d'autres couleurs

Voilà deux semaines que l'on connaît les résultats des élections municipales à Stuttgart, et je n'ai même pas encore pris le temps de vous tenir informés. Après deux jours de dépouillement (hé oui c'est long de compter toutes les voix quand on a un système aussi compliqué). Cela dit ça valait la peine d'attendre, les résultats étant assez funs... Et même presque surprenants. Parce que bon Stuttgart c'est un peu un exemple typique de ville conservatrice, avec des gens riches dans des grosses maisons même pas bleues mais sur des collines, qui travaillent chez Porsche ou Bosch, roulent en Mercedes, et vont à l'opéra. Alors savoir que la CDU fait un bon score et même arrive toujours en tête, ça n'est pas un vraiment étonnant.

Sauf que cette fois, non. La CDU est deuxième. Mais qui a bien pu passer devant ? Les sociaux-démocrates ? Nooooon vous n'y pensez-pas... Ce sont les Verts, enfin les Grünen, qui sont devenus numéro 1 au conseil municipal. Et font du même coup de Stuttgart la première capitale de Land verte d'Allemagne. Il y avait déjà un certain nombre de villes « vertes » dans le coin, par exemple Fribourg (depuis longtemps je crois) ou Tübingen, mais une capitale, non, ça c'est inédit.

Signe dune prise de conscience écologique des habitants ? En fait pas trop... Les Verts font bien leurs meilleurs scores dans les quartiers jeunes et/ou étudiants, mais ça ne suffit pas pour arriver en tête. En fait s'ils s'en sortent si bien, c'est (vous avez noté l'allitération) apparemment en très large partie à cause de (grâce à ?) l'opposition au grand projet Stuttgart 21, soutenu par la CDU et la SPD, officiellement démarré depuis 15 ans et qui en gros consiste à remplace la gare de Stuttgart (en mode terminus : les trains doivent repartir en sens inverse, façon gares parisiennes) par une gare de passage, et sous-terraine. Un gros d'énormes et chers travaux pour une bonne dizaine d'années. Et plein de gens n'aiment pas trop, soit par principe, soit parce que les détails du projet (nouvelles constructions autour de la gare, nouveau plan de circulation des trains) ne leur plaît pas vraiment (en gros on ira plus vite à l'aéroport, mais les lignes régionales n'en sortiront pas vraiment toutes renforcées). Les Verts ayant fait campagne en promettant un référendum sur le sujet, ils ont su convaincre un certain nombre de mécontents. Et finissent donc en tête avec 25,3 % des voix, 24,3 pour la CDU et 17 our la SPD.








Je vous ai promis d'autres couleurs... Des couleurs d'actualité, puisuqe nous sommes au mois de juin et 40 ans après les émeutes de Stonewall (40 ans dimanche prochain pour être exact). Anniversaire qui a motivé Google, qui célèbre le traditionnel mois des gay prides à sa façon. Petite démonstration en cherchant « gay » ou « stonewall »... Ça marche aussi pour « sf pride », mais pas pour « Tales of the City » ou « Matthew Mitcham » (mais dans le dernier cas de toute façon c'est surtout la recherche d'images qui est intéressante). Je vous avais promis plein de couleurs, j'ai tenu promesse. J'aurais aussi pu vous proposer d'admirer un des tableaux bizarres du musée d'Orsay, mais ça sera une prochaine fois.

J'avais terminé mon dernier message en promettant de vous exliquer comment les Stuttgartois font pour mettre des visages sur les noms des listes électorales, je n'oublie pas, vous saurez tout, bientôt. Promis.

lundi 1 juin 2009

Briefwahl

Le 7 juin, il va se passer plein de choses. En France, la fête des mères. Dans l'Union européenne, on va voter pour le Parlement européen (enfin certains pays bizarres comme l'Irlande auront déjà voté avant). Et à Stuttgart, il y aura les élections municipales.

Et tout ça est fort intéressant... En tant que citoyen de l'Union mais d'un autre pays résident à Stuttgart, j'ai le droit de :
- voter pour le Parlement européen dans mon pays d'origine ou, si j'en fais la demande, à Stuttgart (on notera qu'aucun contrôle ne sera fait pour savoir si je n'ai pas voté deux fois, une fois en France et une fois en Allemagne, mais que je dois m'engager sur l'honneur à ne pas tricher)
- voter pour les élections municipales de Stuttgart.

On notera que les étrangers originaires de pays non-membres de l'Union européenne, même travaillant ici et même résidents depuis très longtemps (voire nès ici de parents étrangers), n'ont pas forcément le droit de vote (voire forcément pas si j'ai bien suivi). Bref je suis super privilégié :-)

Et c'est de ces élections municipales que je vais vous parler. Devant rentrer en France le 7 juin, j'étais bien embêté parce que je pensais que zut, je ne pourrais pas profiter de la possibilité de voter ici. Et je ne vois pas vraiment à qui je pourrais raisonnablement donner procuration ici. Mais les Allemands ont tout prévu, et notamment le vote pas correspondance. C'est simple : vous recevez un beau jour un papier par la poste qui vous dit que vous pouvez voter, et si vous le retourner en cochant la bonne case, on vous envoie les documents pour voter par correspondance. Plein de beaux documents que je m'en vais vous présenter. Ça sera au passage l'occasion de découvrir comment marchent les élections municipales par ici.

Ce que l'on reçoit quand on veut voter par correspondance, c'est une grande enveloppe avec plein de choses dedans. Notamment deux petites enveloppes jaunes. Une qui va servir à tout renvoyer quand on aura voté (pas besoin d'affranchir, c'est pratiqueà).

Enveloppe
Et une autre enveloppe jaune, tout symbolique et émouvante, qui est la vraie de vraie enveloppe pour voter, dans laquelle on glisse délicatement son bulletin (de vote, parce que vos notes de premier trimestre de 6e intéressent en fait assez peu les autorités non parentales, il faut bien se le dire).

Enveloppe aussi
On reçoit en plus de ça une feuille (jaune, encore !) à signer pour certifier que cest bien moi et pas mon frère ou mon ennemi qui a voté, ou que c'est bien moi avec l'aide d'une tierce personne qui a voté parce que je ne pouvais pas le faire tout seul. Et une autre feuille d'instruction, qui ressemble à un mode d'emploi pour un appareil électronique, avec des jolies couleurs, et qui explique bien qu'il faut mettre le bulletin dans l'enveloppe bleue et l'enveloppe bleue dans l'enveloppe rouge. Sauf que pas de bol, les deux enveloppes sont jaunes.

Instructions
Quelqu'un aura sans doute oublié d'actualiser la fiche d'instruction depuis le dernier vote. Pas de bol.

Et ce fameux bulletin, à quoi ressemble-t-il ?

Tous les bulletins sont exactement au même format, et présentés dans un (grand) carnet dont les pages peuvent se détacher pour choisir le bulletin que l'on veut. Chaque liste a droit à une longue page, et la couverture du carnet rappelle comment on peut voter.

Instructions encore
Et c'est là que ça devient amusant. J'essaie de vous résumer le principe.

Il s'agit d'élire les 60 membres du conseil municipal, et chaque électeur a ainsi 60 voix. Oui, 60. On peut donner toutes ses voix à une liste, ou les répartir entre les différents membres des différentes listes. Si c'est le cas, on peut soit glisser plusieurs listes dans l'enveloppe et rayer les noms des gens pour qui on ne veut pas voter, ou bien ne glisser qu'un bulletin et ajouter les noms des autres gens pour qui on veut voter. Jusuqe là ça ressemble assez à ce qui passe dans les villages ou les petites communes en France.

Mais ce n'est pas tout. On n'est pas obligé de choisir 60 personnes à qui on veut donner les 60 voix. On peut aussi répartit les voix autrement, et donner à chaque candidat 1, 2 ou 3 voix en mettant une croix ou un 1, un 2 ou un 3 dans la case à côté de chaque nom. On a le droit de donner moins de 60 voix en tout, mais pas le droit d'en donner plus que 60.

Ce qui promet des séances de dépouillement absolument passionnantes...

Je ne vais pas vous montrer toutes les listes parce que ça serait un peu long, mais je vous en donne la liste quand même...

  • CDU, les conservateurs actuellement majoritaires,
  • SPD, les sociaux-démocrates en 2e position, (les couleurs sont un peu françaises parce que les deux aiment bien se présenter en rouge en fait)
  • Die Grünen, bref les verts, 3e et en forte progression en 2004, et cette fois qu'en sera-t-il-je-me-le-demande...
  • Freie Wähler, les électeurs libres ! Des gens qui se sont regroupés sur une liste sans être membres d'un parti. Ils sont assez importants dans le Bade-Württemberg et la Bavière
  • FDP, les libéraux,
  • Die Republikaner, des très conservateurs voire extrémistes de droite,
  • Die Linke, des très à gauche,
  • Un groupement indépendant Stuttgart Ökologisch Sozial,
  • une liste qui n'a que 26 membres mais un nom rigolo : Allianz Graue Panther und Freunde, les panthères grises et leurs amis !
  • Weltaktion, une liste qui compte... un et un seul membre.
Je ne vais pas toutes vous les montrer parce que je n'ai pas que ça à faire non plus, mais pour votre culture et pour voulagez votre curiosité (je vous entends trépigner...), voici la liste SPD :

Liste SPD
On notera bien la place libre en-dessous pour ajouter des noms d'autres listes, et la case à droite de chaque nom pour mettre le nombre de voix attribuées.

Comme vous pouvez le constater, le vote est très personnel, puisque l'on peut vraiment choisir qui dans la liste aura des voix et qui n'en aura pas. Et d'après les discussions que l'on a au bureau, il semble bien que les gens ne se privent pas de sélectionner minutieusement celui ou celle qui aura une, deux ou trois voix, et ceux qui n'en auront pas. Selon quels critères ? Et surtout, dans une grande ville, comment fait-on pour mettre une tête sur tous ces noms ? C'est ce que je vais tenter de vous montrer... mais dans un prochain message, parce que celui-ci commence à se faire long.

dimanche 24 mai 2009

J'aurais voulu être une fashion victim arty

Je vous raconterai bientôt plein de choses passionnantes sur les élections municipales en Allemagne, et sur le vote par correspondance. Je vous assure ça sera super intéressant. Mais pour le moment je vous propose des choses beaucoup plus légères et beaucoup moins intéressantes. Il en faut aussi...

Libération, le journal français bien connu, fait une campagne de pub (ou un truc du genre) et nous propose (ou nous proposait récemment), à nous les hommes, de découvrir à quelle tribu nous appartenions. Pour l'apprendre, il suffit de se rendre sur une page spéciale et de choisir la porte que l'on préfère. Derrière chaque porte, un portrait du membre type de la tribu par une personne qui a un métier qui n'existe pas (genre « directeur de création », « galeriste » ou « conseil en communication » (et non pas conseiller ou conseillère, mais conseil), une sélection de vêtements, de produits de beauté, d'objets divers et de bonnes adresses, quasi-uniquement à Paris d'ailleurs.

Des portes
À bien regarder les différents vêtements, accessoires et objets recommandés, j'ai été au regret de découvrir que je suis plutôt geeko-sportif... Moi qui rêvais d'être fahsion victim arty (mais avec une porte néo-conservatrice, ou arty s'il y a le reste de l'immeuble qui va avec), ça sera pour une autre fois.

Geeko-sportif... et pas très riche aussi, parce que ma réaction en voyant la plupart des prix des trucs proposés a été un truc du genre « ah ben oui évidemment bien sûr... » Cela dit je l'ai bien cherché... Le site est réalisé par le magazine BuyBuy, qui se décrit comme étant « le magazine du luxe et des tendances. » On était donc prévenus. Dommage, j'aimais bien les baskets geek Puma par Alexander McQueen. Mais 250 euros ça fait cher les baskets quand même. Surtout qu'en fait elles ont des semelles bleues assez moches que je n'avais pas vues au premier regard.

Des baskets
Et puis dépenser pas mal d'argent pour des chaussures, c'est très mal. C'est le Figaro qui le dit. Si, si. Dans un article intitulé L'argent ne fait pas le bonheur. Bon en fait ils ne disent pas ça, mais ils parlent des dernières tendances cinématographiques et nous apprennent que, accrochez-vous bien parce que la phrase est assez extra...

Sur fond de crise financière, les cinéastes dessinent désormais des personnages
qui trouvent le sens de leur existence au-delà de la richesse.

On remarquera le « désormais »... Parce que c'est bien connu, jusqu'ici, au cinéma, tous les personnages présentés par tous les cinéastes ne trouvaient le sens de leur existence que dans la richesse. On n'imagine pas un seul contre exemple.

Ah au fait, l'image avec les portes un peu plus haut me fait penser à la célèbre énigme avec les trois portes... Je vous ai déjà embêtés avec ? Je ne sais plus...

mercredi 20 mai 2009

2

Coucou,

Hier mon blog fêtait ses deux ans d'existence. Et non je n'ai pas oublié. Sauf que là tout de suite je n'ai rien de spécial à dire. Mais dans pas longtemps, je raconterai des vrais trucs intéressants qui vous passionneront et vous donneront envie de revenir plein de fois par semaine voir s'il y a du nouveau ici. Promis.

lundi 4 mai 2009

Mahonet

Coucou,

Ce dimanche, en (re)visitant la Staatsgalerie à Stuttgart, je me suis retrouvé face à un tableau fort perturbant. Je ne sais pas si, comme moi, vous avez toujours du mal à vous rappeler lequel des deux est Manet est lequel est Monet. Moi si. Édouard et Claude, Claude et Édouard, je mélange. Je pensais que la visite du musée, avec une salle consacrée aux impressionnistes français, m'aiderait à dissiper la confusion.

Pas du tout.

Parce qu'il y a un tableau de Manet exposé à Stuttgart qui est assez terrible. Bon, en vrai il n'est pas si mémorable que ça, surtout si on le voit dans la reproduction de pas géniale qualité que j'ai trouvée dans le catalogue en ligne du musée.


On y voit Monet peignant. Et sa femme, Camille, à côté. Vous noterez qu'autant Camille a un visage vaguement reconnaissable, autant Monet n'existe que par sa barbe... Mais peu importe. Ce qui est vraiment perturbant, c'est que l'on est face à un tableau de Manet représentant Monet peignant. Manet a peint Monet peignant. On ne nous dit pas ce que Monet peignant. peignait... J'imagine qu'il devait peindre Manet en train de le peindre. Manet peignant Monet peignant Manet peignant etc., c'est un truc qui se programmerait bien avec une fonction récursive... Ou un Raymond Devos à portée de clavier.

Et ça me donne envie de copier ici une reproduction du Triple Self-Portrait de Norman Rockwell, je trouve ça assez approprié, même si le tableau n'est pas exposé à la Staatsgalerie, mais au Norman Rockwell Musuem à Stockbridge, m'apprend une rapide recherche.


Je termine en précisant que si vous avez interprété le titre de ce message comme un signe de ma future conversion à l'islam, vous faites erreur, je n'ai aucun projet du genre.

dimanche 5 avril 2009

Photographe officiel

Coucou,

Le sommet de l'Otan à Strasbourg est terminé, ça a été l'occasion de détruire l'ancien poste frontière à côté du pont du Rhin à peu de frais, ça tombe bien, on ne savait justement pas trop quoi en faire. Merci donc aux casseurs cachés parmi les manifestants.

Poste frontière
Merci au passage au New York Times et à Getty Images pour la photo.

Ça a aussi été l'occasion de faire de la publicité pour Strasbourg, avec les belles photos officielles des cérémonies officielles tout d'abord. Ce qui m'emplit de joie, c'est que si je ne réussis pas dans l'informatique, je pourrai toujours devenir photographe officiel de l'Otan ou du Ministère français des affaires étrangères. Je vous explique...

Sur le site de l'Otan, on peut télécharger ce magnifique fond d'écran officiel du sommet. Si, si. , en choissant le mois d'avril.

Fond d'écran Otan

Il est beau, ce fond d'écran, hein ? Je suis ravi de vous apprendre que le 26 avril 2005, j'ai fait la même photo. Parfaitement. Je dirais même que je préfère ma version, le ciel nuageux est bien plus évocateur.

Fond d'écran Maxou
Franchement, je ne comprends pas pourquoi les gens de l'Otan ne m'ont pas encore appelé pour m'embaucher...

Continuons avec les photos officielles. Celles du Ministère des affaires étrangères, maintenant, que l'on peut trouver sur... Flickr. Oui, oui, dans la galerie « France Diplomatie. » Bernard Kouchner avait sans doute besoin de faire des économies... Je voudrais attirer votre attention sur une photo que l'on peut trouver ici.

Lampadaire officiel
Encore une fois, les photographes officiels ne sont pas les premiers à avoir eu l'idée d'insister sur les lampadaires modernes du Jardin des deux rives. Le même 26 avril 2005, je prenais en effet le cliché suivant...

Lampadaire Maxou
Certes, je n'ai pas réussi à avoir Barack Obama, Angela Merkel, une personne que je ne voulais de toute façon pas photographier et une personne que je ne reconnais pas dans le cadre... Probablement parce qu'ils n'étaient pas là... Mais le lampadaire, lui, je l'ai eu. Celui-là, ou un qui lui ressemble, peu importe.

Voilà pour les photos officielles de ce sommet qui aura donc été une formidable publicité pour Strasbourg et la démocratie occidentale. Je vous laisse avec une dernière photo, volée à l'AFP, qui me plaît beaucoup... À l'occasion je ferai la même, sans les policiers...

Avenue de la Paix
Amusante façon de résumer un sommet de l'Otan, vous ne trouvez pas ?

dimanche 29 mars 2009

Assis-debout

Ça ne va pas du tout à l'opéra de Stuttgart... La première de Lohengrin, qui a lieu ce soir et à laquelle je n'irai pas, aura lieu en l'absence du metteur en scène. Pire, l'affiche précise que la mise en scène est « d'après Stanislas Nordey », et pas « de Stanislas Nordey. » (Parce que c'est de ce monsieur Stanislas Nordey qu'il est question, un Français apparemment connu.)

Le Monde en a même fait un article. La journaliste ne mâche pas ses mots : « à l'Opéra de Stuttgart, c'est la consternation. » Le metteur en scène qui part à quelques jours de la première, vous imaginez bien le drame. Qu'a-t-il bien pu se passer ?

C'est assez simple, et un grand classique à l'opéra, je crois. Un conflit, que dis-je, une guerre sans merci entre le metteur en scène et le chef d'orchestre, Manfred Honeck. Qui avaient tous les deux des visions incompatibles de l'opéra de Wagner. Des visions tellement différentes que l'on est arrivé au clash. Stanislas Nordey témoigne : « Ce monsieur [le chef d'orchestre] voulait que le chœur se lève lorsqu'il chante et qu'il s'assoie lorsqu'il ne chante pas. Artistiquement parlant, cela n'a aucun sens. » Ben voyons ! On mesure bien la gravité de la chose, et on imagine le metteur en scène rentrant chez lui le soir, expliquant à ses amis au téléphone : « Non mais vous vous imaginez, le chœur qui se lève lorsqu'il chante et s'assoit ensuite ! » On imagine de même monsieur Honeck expliquant à ses proches : « Le chœur qui devrait chanter assis, ou rester tout le temps debout, mais c'est ridicule ! » Et on imagine la réaction des amis, partagés entre l'envie de dire à l'artiste que des fois il déconne un peu quand même et le souhait de rester un tant soit peu solidaire avec l'artiste en question.

Lohengrin
Après le départ de Nordey, je ne sais pas trop ce qui a été finalement retenu pour le chœur. D'ailleurs si on regarde la photo présentée sur le site de l'opéra, on ne sait pas torp si les gens sont assis ou debout, on ne voit même pas leurs jambes... C'était bien la peine d'en faire un drame.

Tout autre chose, petit histoire personnelle de bureau que je n'hésite pas à vous raconter. Depuis deux semaines, je suis maître de stage. Co-maître de stage pour être exact. Mais cette semaine, l'autre tuteur était parti et je me suis retrouvé seul avec le stagiaire. Qui avait du boulot pour deux semaines, donc rien de bien grave (c'est pas comme si j'avais réellement eu besoin de m'occuper de lui, de lui trouver un truc utile à faire). Mais quand même. J'ai voulu avoir l'air sérieux, et faire semblant de m'intéresser à l'évolution du stage (bon là j'en rajoute, le sujet m'intéresse réellement). Mercredi, je vais donc trouver le stagiaire (qui a un ou deux ans de plus que moi, mais peu importe) à son bureau, et lui demande si tout va bien, s'il a de quoi faire, s'il a des questions, s'il a besoin d'aide. On discute pendant cinq minutes, ou dix je ne sais plus. Et à la fin, c'est lui qui me dit : « Si tu as encore besoin d'aide, n'hésite pas à me demander. » C'était un poil vexant. Je ne sais pas si je dois participer à l'évaluation du stage, mais si tel est le cas, je peux d'ores et déjà vous annoncer que ce malheureux stagiaire plus compétent que moi n'aura pas la note maximale. Et on verra bien c'est qui le chef, comme dirait notre Président.