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lundi 3 novembre 2008

Hello, I'm No On Prop. 8

Coucou,

Demain, on va voter en Californie, dans l'Arizona et en Floride. Trois référendums pour lesquels un vote « oui » vise à inscrire dans la constitution de l'état une interdiction des mariages pour les couples du même sexe, et même, un Floride, l'interdiction de la création de statuts équivalents au mariage pour ces couples (donc pas d'union civile possible non plus).

Au passage, sachant que le mariage gay est déjà interdit par la loi en Floride, savoir qu'ils font un référendum pour modifier la constitution pour l'interdire « encore plus » donne vraiment une super image des gens tolérants qui vivent là-bas.

Comme toute campagne électorale, et encore plus comme toute campagne américaine, celle sur la « Proposition 8 » du nom du texte soumis au référendum en Californie, a donné lieu à pas mal de publicités télévisées de la part des partisans de l'interdiction, et de leurs opposants. J'en poste ici deux, de la même série, qui parodient les publicités bien connues pour une grande marque de produits électroniques chers mais qui brillent alors on les achète quand même.





C'était donc le premier. Et dans le même genre, une autre version...





Et voilà, c'est tout pour ce soir. On verra dans quelques dizaines d'heures ce qu'il adviendra de tout ça, et puis comme un autre vote a lieu dans le même pays au même moment, on saura en plus qui sera le prochain maître du monde, youpi !

(Et moi je vais essayer de vous parler un peu de grands-huits pour changer.)

vendredi 17 octobre 2008

Alfred E. Smith Memorial Foundation Dinner

Alfred Emmanuel Smith, Junior, né le 30 décembre 1873 à New York, et décédé le 4 octobre 1944, était un homme politique démocrate américain, quatre fois gouverneur de l'état de New York et candidat à la présidence en 1928 (élection remportée par Herbet Hoover). On parle encore de lui au moins une fois par an à l'occasion du dîner de charité organisé par la fondation qui porte son nom pour des œuvres caritatives catholiques.

On parle encore plus de ce dîner les années d'élections présidentielles, parce que la tradition veut que, depuis 1960, les principaux candidats y tiennent un petit discours. Il arrive que les candidats ne soient pas invités, ce qui a été le cas pour Bill Clinton (apparemment à la suite d'une de ses positions qui n'a pas plu à l'Église au sujet d'une loi sur l'avortement), mais cette année, au lendemain de leur dernier débat et à deux semaines du jour J... enfin là-bas on dit D, John McCain et Barack Obama étaient là.

Et les scénaristes n'étaient pas en grève, heureusement pour eux. Leurs auteurs ont donc pu leur concter des discours bien sentis, remplis de piques tapant sur leur propre campagne et sur leur adversaire. Un exercice assez impressionnant, il faut bien le dire.

Jugez plutôt... C'est John McCain qui commence...






Puis c'est au tour de Barack Obama.






Épatant, non ? On remarquera que John McCain est quand même assez nettement plus à l'aise dans cet exercice que Barack Obama, même si le discours du candidat démocrate contenait une bonne dose de très bonnes répliques. J'aime beaucoup le « Al Smith était très sympathique, d'après ce que m'a dit le sénateur McCain, qui l'a bien connu » et le clin d'œil à Sarah Palin avec la vue du pas de la porte sur le salon de thé russe...

Par chez nous on s'amuse quand même beaucoup moins. En plus il fait froid.

vendredi 3 octobre 2008

2001, an Index Odyssey

Coucou,

Aujourd'hui on va parler de Google. Pour plein de raisons différentes. Et on commence avec un truc rigolo. Comme on est en 2008 et que Google fête ses 10 ans, ils nous proposent de réutiliser leur service de recherche sur le Web (enfin son index, pour être exact) presque comme en... 2001. Oui je sais, ça ne fait pas dix ans, mais c'est pas grave, apparemment ils n'étaient pas fichus de proposer mieux que ça. Et bon en fait ce n'est pas tout à fait comme en 2001 non plus, mais ça n'en est pas loin, alors c'est assez rigolo. Ça se passe ici et on peut s'amuser à voir qu'à l'époque, il n'y avait pas de Youtube, de Skyblog ni même d'iPod. Mais moi j'étais déjà là, et même, je promettais.

Google toujours, mais pour parler de politique, ou de société, je ne sais pas trop. En novembre prochain, il y a des élections aux États-Unis, vous en avez peut-être vaguement entendu parler. Les Californiens, chanceux comme ils sont, auront droit à un vote particulier en plus : un référendum pour interdire le mariage gay, récemment autorisé par la Cour suprême de volaille... non, de l'État. C'est un référendum piège, parce que si on vote « oui » on est contre le mariage gay et si on vote « non » on est pour. Pour aider les pauvres Californiens à s'en sortir et très fortement les inciter à voter non à la proposition (qui a un numéro : 8), il y a une vaste campagne qui s'est mise en place. Campagne soutenue notamment pas Steven Spielberg (tiens donc) ou Ellen Degeneres, qui ne veut pas rendre le grille-pain qu'elle a eu récemment en cadeau de mariage.

Et Google, me direz-vous ? Et bien Google aussi soutien la campagne pour le non. C'est le cofondateur de la petite boîte qui le fait savoir sur le blog officiel de sa société. Ce qui est un peu curieux, est-ce qu'on imaginerait EDF ou Dassault Systems prendre position sur la légalisation du mariage gay en France ? Non... Apparemment, la Californie, ce n'est pas la France.

Google encore, parce que je sais que vous aimez ça ! Vous savez peut-être qu'une recherche sur Google peut être restreinte à un certain type de documents. Par exemple pour ne chercher « visualization » que dans les documents PDF, on peut écrire « filetype:pdf visualization ». Ce qui est rigolo et aussi assez curieux, c'est qu'on peut faire une recherche « filetype » sans préciser de mot clé... C'est assez amusant avec filetpye:html. On notera que Google réussit le tour de force de renvoyer un nombre de résultats sorti de je ne sais pas du tout où, et encore mieux, de classer les résultats retournés. Selon quel critère ? On notera avec amusement que la première page renvoyée est toujours un lien vers un vieu classique anglo-saxon disponible sur Google Books (mais pas toujours le même vieux classique, ça change en fonction de je ne sais pas du tout quoi).

Je vous laisse explorer tout ça et vous souhaite une excellente fin de fête de l'unité allemande, parce que je sais bien que vous fêtez l'unité allemande.

samedi 14 juin 2008

Tony

Coucou,

Et si nous parlions un peu des Tony Awards, qui pour leur édition 2008 seront remis le 15 juin, comme toujours à New York, cette année ça sera au Radio City Music Hall, avec Whoopi Goldberg à la présentation. Et des gens plutôt connus pour remettre les prix : Glenn Close, Richard Griffiths et Daniel Radcliffe (qui ne se quittent plus, apparemment), Kristen Chenoweth (whééééé), Liza Minnelli, Alec Baldwin et d'autres...

Tout commence quand Antoinette Perry (surnommée Tony, moi qui croyais que Tony était forcément un surnom masculin), née en 1888 (oula c'est vieux) et décédée en 1946, participe à la fondation de la American Theatre Wing. Un peu comme l'Academy des Oscars, mais pour le théâtre, parlé et chanté. La Wing a commencé à attribuer des récompenses en 1947, et les nomme d'après le surnom de sa directrice pendant la guerre, récemment décédée. Voilà donc le début des Tony Awards.

C'est un collège d'environ 700 professionnels qui participe au vote, et qui remet des récompenses dans 27 catégories (contre 11 en 1947). Les catégories ne sont pas follement originales, on y trouve la meilleure pièce, la meilleure comédie musicale, le meilleur acteur et la meilleur actrice, à chaque fois au théâtre et en comédie musicale, le meilleur metteur en scène et patati et patata. Rien de bien transcendant. Il ne donnent plus de récompenses pour le meilleur technicien de scène, ce que je trouve regrettable, c'était l'occasion d'entendre parler de gens inconnus et assez utiles quand même.

La cérémonie est diffusée à la télévision, et est assez bien d'habitude car avec plein plein de numéros musicaux, évidemment. Et une ouverture qui a de l'allure, par exemple pour la 58e cérémonie, quand Hugh Jackman reprenait une chanson de Dreamgirls (que je n'ai pas vu, est-ce que c'est bien ?) :





Puisqu'on en est à regarder des vidéos sur les Tony Awards, je ne résiste pas à l'envie de vous proposer celle-ci, où Triumph the insult comic dog, un personnage de chez Conan O'Brian, interpelle les gens sur le tapis rouge. Tout en subtilité.


Et comme on parle de Tony et de comédie musicale, je termine avec deux vidéos, oui, deux, de Tony Vincent interprétant deux chansons d'Andrew Lloyd Webber. Tout d'abord ma préférée de Evita, And the money kept rolling in, lors d'un gala...



Et puis ensuite la chanson de Simon Zealotes dans la version 2000 de Jesus Christ Superstar. Oh ça alors il a changé de cheveux (pas Jesus mais Tony).



C'était bien, hein ? Oui bon la mise en scène de Jesus Christ Superstar est un peu curieuse. Certes.

mercredi 14 mai 2008

Broadway et Hollywood

Coucou,

West Side Story est une comédie musicale de Leonard Bernstein et Stephen Sondheim jouée pour la première fois en 1957 à Broadway. C'est aussi un film réalisé par Robert Wise et Jerome Robbins (qui signait déjà les chorégraphies de la version sur scène) sorti en 1961. Un film qui a gagné 10 Oscars, ce qui est impressionnant et un peu exagéré quand même, il ne devait rien y avoir de transcendant au cinéma cette année. D'ailleurs une rapide vérification le confirme à peu près (il y avait La Dolce Vita, quand même).

JetsLes Jets claquent des doigts parce que c'est viril

Ce qui est amusant, c'est qu'il y a pas mal de différences entre la comédie musicale et le film. Le principal est l'ordre de quelques chansons. Sur scène, on a tenté d'avoir des actes à peu près équilibrés : le premier se termine après la bagarre, le deuxième c'est la découverte des décès et les conséquences. Dans le film, la bagarre arrive très près de la fin, pour être une sorte de point culminant de l'action (la dernière partie du film est d'ailleurs assez lente et un peu barbante il faut bien le dire).

BernardoBernardo a astucieusement choisi un mur rouge pour mettre en valeur sa chemise rouge

Quelles sont les chansons qui ont bougé ? Les chansons gaies qui étaient dans le deuxième acte, et tout particulièrement I Feel Pretty et Gee Officer Krupke. Inversement, Cool est passé d'avant la bagarre (sur scène) à après (au cinéma).

Ce qui n'est pas sans incidence ! Il y a des détails « pratiques » : c'est Riff qui « mène » Cool sur scène, mais dans le film au moment où la chanson arrive il est déjà mort, et c'est Ice qui le remplace. Ice, qui sur scène s'appelait Diesel. Vous suivez toujours ?

Pour équilibrer... et rester cohérent avec le fait que c'est Riff le chef des Jets, c'est lui qui mène Gee Officer Krupke (alors que c'est Action sur scène). Beh oui il est encore vivant donc il peut chanter, le chef !

I Feel PrettyMiss America, bravo, speech!

Les changements d'ordre ont également rendues nécessaires des adaptations de paroles, principalement pour I Feel Pretty. Sur scène, la chanson était chantée de nuit (après la bagarre mais avant qu'elle n'apprenne ce qui s'y est passé) dans la chambre de Maria, et on l'entendait dire « I feel pretty and witty and bright, and I pity any girl who isn't me tonight. » Mais au cinéma, elle chante le jour dans le magasin et prononce les paroles bien connues « I feel pretty and witty and gay, and I pity any girl who isn't me today. » Ce qui a permis au père de Chandler de reprendre cette chanson dans son spectacle à Las Vegas, comme vous ne l'ignorez probablement pas.

Dernières conséquences de ces changements d'ordre : l'interprétation des paroles n'est plus du tout la même. Autant je dois dire que Cool prend pour moi beaucoup plus de sens après le combat, autant je dois dire que je suis déçu que le côté second degré voire cynique ou désespéré de I Feel pretty et de Gee Officer Krupke est complètement perdu, on se retrouve dans une interprétation très terre à terre. C'est cohérent, certes, mais on perd un peu en originalité.

Il y a d'autres changements qui sont là pour des raisons de correction politique (faut faire politique correct, quoi). Je pense tout particulièrement aux paroles de America. Il y a un très chouette site qui permet de les lire en version scène et cinéma. Les deux chansons n'ont presque plus rien à voir ! Sur scène, on a droit à un duo (duel ?) entre Anita, qui vante les joies du rêve et américain et critique assez durement la vie à Porto Rico, et Rosalia qui a gardé un souvenir nettement plus positif de l'île de ses origines... Au cinéma, le duo se fait entre Anita et Bernardo, et cette fois-ci Anita vante toujours les mérites de la vie aux États-Unis mais ne dresse pas de portrait aussi noir de San Juan... Par contre Bernardo critique vivement New York et le racisme ambiant. Petit exemple :

Sur scène :

ROSALIA: I'll drive a Buick through San Juan. ANITA: If there's a road you can drive on.

Au cinéma :

ANITA: Buying on credit is so nice. BERNARDO: One look at us and they charge twice.

AmericaAmerica au cinéma : les filles d'un côté, les garçons de l'autre

Parmi les autres différences, on notera bien sûr la distribution : la plupart des acteurs de Broadway n'ont pas pu reprendre leur rôle à Hollywood, alors qu'ils savaient chanter et danser, eux. Mais voilà au cinéma il faut des stars, et même si Natalie Wood ne sait pas bien chanter et a dû être doublée par Marnie Nixon,c e n'est pas grave, on la prend quand même...

Je termine rapidement en citant les quatre passages que Jerome Robbins a eu le droit de réaliser avant de se faire virer du film : le prologue, Cool, I Feel Pretty et America. Il devait réaliser tous les numéros musicaux, mais était un peu trop maniaque pour la santé des acteurs (presque tous blessés à la suite du tournage de Cool) et les producteurs (presque ruinés avant de le virer).

Il y a encore plein de petites différences ici ou là, de trucs inversés (Tonight et America) ou de paroles changées car prononçables sur scène mais ne passant pas la censure au cinéma, mais je ne vais pas tout citer non plus !

lundi 25 février 2008

Trilingue

Coucou,

Et si nous parlions un peu les langues étrangères ? Allez, je me lance en allemand...

Dann hau' doch ab, du Idiot (ou Blödmann, je constate que le Spiegel a révisé sa traduction dans la journée).

Continuons en anglais...

Then get out of here, you total jerk. On notera au passage le sens du titre des journalistes de CNN... Les socialistes voient rouge... Vous préférez laquelle ? Pour ma part, je reste fidèle à la VO, comme toujours au cinéma.

Et là, sublime enchaînement, je vous propose de retrouver le discours d'ouverture de Jon Stewart lors de la 80e cérémonie des Oscars. C'était rigolo, surtout que j'ai compris à peu près toutes les blagues.


Voilà, j'espère avoir bientôt plein de trucs géniaux à vous raconter, pour le moment je vous laisse...

samedi 5 janvier 2008

Tout va bien

Coucou,

J'en voyais deux qui s'inquiétaient au fond là-bas à droite... Mais pas de tracas, bientôt il y aura des nouveaux messages intéressants ici. Celui-là, c'est juste pour vous faire patienter et vous souhaiter à tous une bonne année 2008 !

À Nouvel An on aime bien les feux d'artifices... Je vous propose de revoir ceux de Sydney pour l'an 2000, même en vidéo de mauvaise qualité ça passe très bien.



Comme ça faisait un peu court, je propose à ceux qui ne connaissent pas encore de découvrir un extrait de Wicked avec cette vidéo des Tony Awards.



Comme je vois qu'il vous en faut plus, je vous propose un autre extrait des Tony Awards (qui date d'il y a 10 ans celui-là), pour avoir une idée de ce à quoi ressemble The Lion King sur scène...



Voilà, comme ça l'année commence bien.

jeudi 13 décembre 2007

Des machines et des pommes (suite et fin)

(Suite et fin de la biographie d'Alan Turing commencée ici.)

En mai 1948, Alan Turing devient directeur adjoint du laboratoire d'informatique de l'université de Manchester. S'en suivent des années de recherches assez floues, entre reprise d'anciens sujets et exploration de nouveaux domaines. Mais l'idée de construire une machine capable de penser, toujours cette idée de « construire un cerveau », donc, allait se retrouver dans une de ses publications les plus connues.

En 1950, dans Computing Machinery and Intelligence, Alan Turing décrit un test qui le rendra une fois de plus célèbre. La référence en matière de test d'intelligence artificielle de nos jours... Le fameux test de Turing. Qui est somme toute assez simple : un humain est face à un ordinateur, il écrit des questions, les réponses sont affichées sur l'ordinateur. Si l'humain est capable dans un temps raisonnable de dire s'il communique avec un autre humain par l'intermédiaire de l'ordinateur, ou s'il est en train de communiquer avec un système d'intelligence artificielle, le test est raté. Si l'humain n'arrive pas à faire la différence, le système a passé le test.

Autant vous le dire tout de suite : jusqu'à présent, aucun système d'intelligence artificielle n'a passé le test de Turing. Mais un jour, peut-être...

Statue d'Alan Turing à Manchester
Alan Turing consacrait la plupart de son temps à ses recherches, mais n'avait rien contre l'une ou l'autre rencontres occasionnelles. Il se rendait régulièrement sur Oxford Street à Manchester, se demandant s'il n'était pas trop risqué de faire une proposition à untel. Nous sommes en Angleterre, dans les années 50, ce n'est pas si anodin. C'est tout de même comme cela qu'il rencontrera Anrold Murray. Hélas pour lui... Arnold « renseignera » un voleur (un certain Harry) qui cambriolera l'appartement de Turing. Turing porte plainte au commissariat. Il n'aurait pas dû. Le voleur expliquera qu'Arnold lui a dit comment cambrioler l'appartement de Turing, où Arnold faisait « des trucs » avec Turing. Quand on demande « quels trucs ? » à Turing, celui-ci raconte ses relations homosexuelles. Et c'est Turing qui sera condamné, le 31 mars 1952. Il a le choix entre une peine de prison ou une période probatoire d'un an pendant laquelle il doit subir une série d'injections d'œstrogènes. Il choisira la deuxième solution, voulant poursuivre ses travaux. Ce qui sera assez difficile, sa condamnation pour son homosexualité le faisait mal voir dans le milieu scientifique (ou dans l'Angleterre en générale). En période de Guerre froide, les services secrets, qui l'employaient encore, n'apprécient pas beaucoup, surtout avec son goût pour les rencontres à droite à gauche... Et si un espion en profitait pour lui dérober quelques secrets ?

Il entame ensuite une psychanalyse, voyage à Corfou ou en Scandinavie (à la recherche de rencontres). La fin ressemble plus à un roman qu'à une vraie vie, mais pourtant... Au printemps 1954, après avoir consulté une diseuse de bonne aventure dans une fête foraine, il ne parle presque plus. Le 8 juin 1954, sa femme de ménage le découvre mort dans sa chambre de Wilmslow, dans le Cheshire : il a croqué dans une pomme qu'il avait auparavant trempée dans du cyanure. Il avait 42 ans. (42, comme c'est curieux.)

Sa mère n'a jamais cru au suicide, et a toujours soutenu que sa mort était accidentelle : le cyanure était là pour les expériences de chimie que menait Turing en amateur, il en a avalé parce qu'il n'était pas assez prudent.

Mais personne d'autre n'y croit vraiment... Croquer dans une pomme trempée dans du cyanure, ça n'arrive pas par accident.

Une pomme dans laquelle on a croqué. Un symbole pour informaticiens. Ça ne vous rappelle rien ? Si, évidemment : le logo de la société Apple, qui était au départ aux couleurs de l'arc-en-ciel... ou du drapeau arc-en-ciel ? Alors, référence à Turing ou autre explication ? Le logo de la firme à la pomme a été créé en 1977, pour le lancement de l'Apple II. Officiellement, bien entendu, rien à voir avec Turing. La pomme croquée symbolise « l'acquisition de la connaissance » et les couleurs de l'arc-en-ciel doivent rappeler que l'Apple II a un affichage en couleurs de qualité. Et officieusement ? Rien non plus semble-t-il, même si beaucoup le soupçonnent.


Mais on peut en douter. Pour les couleurs, c'est vite vu : le drapeau arc-en-ciel n'a été utilisé par la communauté gay qu'à partir de 1978. Et la pomme croquée ? Il serait quand même assez douteux d'utiliser comme logo pour une toute jeune entreprise un symbole du suicide d'un grand informaticien... Si vous voulez quand même une explication officieuse, il paraît que des gens chez Apple racontent que la pomme du logo est une référence à la seule nourriture que pouvaient se payer les tous jeunes et à l'époque pauvres fondateurs. Bref, si vous créez votre start-up aujourd'hui, je vous suggère d'utiliser des ramens comme logo. Ça le ferait, non ?

Qu'est-ce que je disais dans l'accroche de l'article, au fait ? Que la vie d'Alan Turing n'était « pas banale pour un sou. » Vous me croyez, maintenant ?

mercredi 12 décembre 2007

Des machines et des pommes

Et si on parlait un peu d'un des hommes les plus importants du XXe siècle ? L'air de rien, il a accéléré la fin de la Seconde guerre mondiale et est un des pères de l'informatique... Tout le monde ne peut pas en dire autant. En plus, il a une vie pas banale pour un sou. Voici donc l'histoire d'Alan Turing.

Le petit Alan Mathison Turing (parce qu'il était bien petit un jour) naît le 23 juin 1912, à Paddington, à Londres. Son père, Julius Mathison, n'est pas là : il est collecteur d'impôts aux Indes. Il est élevé, comme son frère aîné John, par sa mère, Ethel Sara Turing.

À l'école, Alan n'est pas très bon. Il apprend certes à lire assez rapidement, mais ne se passionne que pour les nombres et plus généralement les mathématiques. À tel point qu'il n'écoute même pas en cours d'instruction religieuse, la honte !

À l'internat, il fait la connaissance du premier homme de sa vie, pourrait-on dire. Christopher Morcom, qu'il rencontre en 1928, âgé d'un an de plus que Turing, partage ses passions pour l'astronomie, les mathématiques et la théorie quantique (ils devaient pas être rigolos tous les jours). Turing était fasciné par Morcom (plus doué que lui en cours), amoureux même, et la mort à 19 ans de Morcom l'a évidemment touché.

Turing continue ses études, il entre au King's College à Cambridge en 1931. Comme quoi il n'était pas si nul que ça... Du moment qu'il pouvait faire des maths, ça allait même plutôt bien.

Alan Turing
Il s'intéresse aux travaux de von Neumann sur la mécanique quantique (en 1932), se sent proche du mouvement anti-querre de 1933, économiquement il est plutôt d'accord avec Keynes (le brave garçon), fréquente le milieu homosexuel du King's College (comme quoi il y avait un milieu homosexuel au King's College à Cambridge à l'époque, qui l'eut cru), fait de l'aviron, de la course à pieds, il a même un petit bateau (comme Dexter, quoi).

Ses travaux sur la théorie des probabilités lui valent un certain nombre de prix reçus entre 1934 et 1936. On l'imaginait devenir un mathématicien pur et dur, mais Turing se passionnait depuis quelques années déjà pour la logique. Il apprend la théorie de Bertrand Russell, puis découvre les travaux de Gödel et son fichu théorème d'incomplétude (qui dit en gros qu'une théorie suffisante pour faire de l'arithmétique contient toujours des énoncés qui ne sont pas démontrables, et dont la négation n'est pas démontrable non plus, bref des énonces sur lesquels on ne sait rien et ne saura jamais rien). Turing se sert des arguments de Gödel pour répondre à un autre grand problème de la logique, joliment baptisé Entscheidungsproblem ou Problème de la décision, dû à Hilbert (le monsieur de l'hôtel de l'infini, si ça vous dit quelque chose) en 1928. En gros (en énorme, même), il est question de savoir s'il existe (au moins en principe), une méthode définie permettant de décider si une assertion mathématique est démontrable. Suspense... Existe-t-il une méthode, ou pas ? Suspense... Turing propose une réponse en 1936, la même qu'un certain Alonzo Church (pas de bol pour Turing, c'est la réponse de Church qui a été publiée en premier). Mais tous les deux ont répondu que non, il n'existe pas.

Ce qui est intéressant, c'est la technique utilisée par Turing. Il a voulu décrire ce que pouvait être cette méthode définie permettant blablabla... Et il a eu l'idée génial de raisonner en termes mécaniques, matériels, en imaginant une machine qui lit des symboles sur un ruban de papier, et peut aussi écrire, et arrive comme ça à calculer un truc précis... Mieux, on peut faire une machine (de Turing, puisqu'il est bien question de ce que l'on appelle encore aujourd'hui machine de Turing) universelle, qui peut simuler le fonctionnement de toutes les machines de Turing. Exactement comme un ordinateur peut exécuter n'importe quel programme, pour peut qu'on lui donne du code à interpréter.


Dessin sur la machine de Turing
Et la machine Turing devint la base de presque toutes les démonstrations en informatique théorique. Un truc qui peut tout faire ! C'était révolutionnaire à l'époque, évidement aujourd'hui à l'heure des ordinateurs portables ça impressionne moins...

Au passage, toute la théorie de Turing, avec cette machine universelle à qui l'on peut fournir une sorte de code de programme pour qu'elle fasse ce qu'on veut, date de 1936, comme déjà dit. Soit neuf ans avant que les avancées en électronique permettent de mettre tout ceci en pratique, et de se rendre compte à quel point Turing était génial.

En septembre 1936, Turing arrive à l'université de Princeton. Il y étudie l'algèbre ainsi que la théorie des nombres qui lui fournira un sujet de thèse de doctorat. Parallèlement à ces travaux théoriques, il se lance aussi dans le concret : il met notamment au point une machine capable de crypter des messages en multipliant des nombres binaires... La cryptographie était d'ailleurs d'autant plus à la mode à l'époque que l'on commençait à entrevoir des risques de guerre avec l'Allemagne nazie.

En 1938, il retourne à Cambridge, suit les cours de philosophie des mathématiques de Wittgenstein (il a fréquenté de ces gens !), soutient l'entrée en Grande Bretagne d'un réfugié juif allemand, travaille secrètement pour le Départmeent de cryptographie britannique, appelé alors Government Code and Cypher School. En octobre, il assiste à la projection de Blanche-Neige et les sept nains, le premier long métrage animé de l'Histoire. Vous savez, avec la méchante sorcière qui empoisonne une pomme...

Et il commence à s'intéresser aux moyens de casser les message codés par les Allemands avec leur machine Enigma. Quelques informations bien utiles fournies par des mathématiciens polonais en 1939 permettent aux travaux d'avancer, et avec l'aide de W. G. Welchman, un autre mathématicien de Cambridge, Turing (qui a quand fait la plus grande part du boulot) met au point une méthode permettant de déchiffrer tout message codé avec Enigma, pour peu qu'une petite partie du texte ait été devinée correctement. Dès 1940, le déchiffrage de messages codés avec Enigma devient un travail de routine, qui par exemple de comprendre les messages utilisés par la Luftwaffe.

Les messages codés avec une version légèrement différente d'Enigma par la marine allemande étaient eux plus difficiles à déchiffrer. Turing arriva nénamoins à casser le code fin 1939, mais l'utilisation pratique de sa méthode ne put commencer qu'en 1941. Pas de chance, en 1942 les Allemands modifient leur code et les Anglais ne peuvent plus rien décoder. Alan Turing était une des stars (si ce n'est la star, ou le « père spirituel ») de Bletchley Park, le QG britannique de la cryptographie. Il demandé une de ses (jeunes) collègues, Joan Clarke, en mariage. Elle accepta... Mais c'est Turing qui refusa finalement peu après, lui expliquant qu'il était homosexuel. Turing part alors aux États-Unis, et arrive avant son retour en Angleterre en mars 1943 à re-casser le code. Jusqu'à la fin de la guerre, les Alliés pourront décrypter les communications allemandes.

Turing s'intéresse alors à l'électronique. Avec une ambition : concevoir une réalisation électronique de la machine de Turing universelle. Autrement dit, construire un ordinateur. Cette idée le fascinait. Il avait montré dans ses premiers travaux en 1936 les limites de ce qu'il était possible de calculer, mais il poursuivait néanmoins le but, selon ses propres mots, de « construire un cerveau. » En 1946, son article sur l'ACE ou Automatic Computing Engine est publié (un an après un article sur un sujet similaire de Von Neumann, Turing n'a jamais eu de chance avec les dates de publications, il y a toujours eu quelqu'un pour lui passer devant au dernier moment).

En octobre 1947, Turing retourne à Cambridge. Il s'intéresse à la neurologie et à la psychologie, publie des articles sur ce qui deviendra plus tard les réseaux neuronaux : des mécanismes capables « d'apprendre. »

Turing n'a pas été le premier à réaliser une implémentation concrète d'une machine universelle : c'est à Manchester en juin 1948 que la première réalisation d'un ordinateur selon les principes de Turing a vu le jour, sous la direction de F. C. Williams.

Mais il y avait quand même des courses que Turing arrivait à gagner... Des courses à pied ! Depuis la fin de guerre il s'entraînant régulièrement, à un niveau amateur relativement avancé, et a même failli participer aux Jeux Olympiques de Londres en 1948 ! Hélas pour lui, une blessure l'en a empêché.

Alan Turing
Turing n'avait jamais caché son homosexualité, mais l'ambiance à Cambridge l'incita a être moins secret qu'auparavant. Un étudiant en mathématiques du King's College, Neville Johnson, devint son amant.

Fin de la première partie. Demain, suite et fin de l'article sur Alan Turing, avec au programme : un test, un procès, une pomme.

vendredi 9 novembre 2007

Guilde

Coucou tout le monde,

À vos armures ! À vos casques, à vos épées ! Armez-vous de vos boucliers, et joignons-nous à la guilde. À cheval, ce qui ne manquera pas de faire plaisir à notre Ministre de l'économie. La guilde ? Bon, d'accord, je déforme un peu. Il s'agit bien évidemment de la Guild, ou WGA, à ne confondre ni avec Windows Genuine Advantage (vous vous souvenez de ce truc ?) ni avec la Writer's Union (le syndicat des journalistes et écrivains américains). La Writers Guild of America est donc en grève, et c'est assez amusant. Parce qu'une guilde, c'est génial. On s'imagine des gens en costumes du Moyen-Âge, partant à l'assaut du château-Fox des méchants producteurs et distributeurs. En fait, on pourrait même en faire un film à succès. Zut, les scénaristes sont en grève. Mais avec la classe. Déjà, ils sont très organisés. Ils sont 12 000 scénaristes, tous dans le même syndicat. Tout de suite, ça donne de l'importance au syndicat. Ils font grève une fois tous les 20 ans, ça donne de l'importance à la grève. Et ils font la grève dans l'ordre. Le site du syndicat annonce par exemple pour aujourd'hui :

Tomorrow, join thousands of your fellow writers at Fox Plaza in a major show of solidarity. Do not go to any other picket location. This will be the only picketing to be held on Friday.

Hop, tous ceux qui manifestent au même endroit. Et surtout on ne va pas ailleurs. C'est pas parce qu'on est en grève qu'on fait n'importe quoi, hein. Mais je me pose une question : un scénariste en grève, qui a une idée géniale pour un prochain épisode de je ne sais quelle série, ou qui vient de trouver un gag hilarant pour le talk-show sur lequel il travaille, il fait quoi ? Il le note sur un bout de papier, discrètement, en espérant que ses collègues ne le verront pas ? Il l'oublie ? Il se jure de ne jamais l'utiliser ?

Il y a plein de choses à dire à propos de cette grève. Par exemple, que les manifestations sont super bien fréquentées (solidarité entre artistes oblige), comme le signale ce site. Site que je cite. Et même dont je pique les photos. On a donc pu croiser...

Eva LongoriaEva Longoria-Parker
(ils ont modifié le générique de Desperate Housewives pour que le monde entier sache qu'elle est mariée avec un Français !)

Marc Cherry et un scénaristeMarc Cherry et un scénariste inconnu.
On notera que Marc Cherry fait très américain moyen, assez gros et en t-shirt moche.

Acteurs de Brothers&SistersUne bonne partie de l'équipe de Brothers & Sisters...
Mais il faut dire à Dave Annable que le béret, ça le fait pas du tout.

Comme de nombreux fans de séries tremblent à l'idée de devoir passer l'hiver à subir des rediffusions, ou pire, de la télé-réalité, les sites spécialisées tiennent à jour des listes de ce qui a été tourné. On notera que bien que toute la saison 3 de Prison Break n'ait pas encore été tournée, la Fox a annoncé que la diffusion ne devrait pas être perturbée par la grève. Ce qui confirme ce que je pensais : aucun scénariste ne travaille sur cette série depuis longtemps... Non mais sérieusement vous avez vu la saison 2 ? Le coup du bateau à la fin ? Enfin, franchement...

Pendant ce temps, chez nous, en France ou en Allemagne... Des grèves aussi, mais c'est moins glamour. Et du froid. Il a neigé à Vaihingen ce matin. Et notre Président s'énerve, et ne sait toujours pas parler français... Il a récemment déclaré...

« Quand bien même qu'il s'raient pas dans l'rue qu'je s'rais venu quand même. »

Quand bien même... C'était pourtant bien parti. Mais non.

Il n'y a que la sortie du tome 8 de De cape et de crocs pour se consoler... Encore faut-il l'acheter. Ce que je compte faire prochainement.

dimanche 28 octobre 2007

Stohlfrucht

Coucou,

Voici le plus court message jamais posté sur ce blog... Pour vous proposer d'aller regarder cette vidéo tout droit venue de chez Conan O'Brien...

Ah... ces Européens :-)

Bon comme ça fait vraiment très court je vous propose aussi de jeter un coup d'œil à ça, pour voir pourquoi des fois je n'aime pas Apple, et à ça pour voir pourquoi des fois j'aime bien Arrêt sur images. Et puis vous pouvez aussi découvrir la droite bling bling, dont le nom me plaît beaucoup.

Bon dimanche avec une heure de plus en moins, ou le contraire, du moment que je peux dormir c'est du tout bon.

Au fait, l'Elder Wand, en français, c'est la baguette de sureau. Et Shell Cottage, la chaumière aux coquillages. Assez décevant il faut bien le dire.

vendredi 12 octobre 2007

Parfois je m'énerve à juste titre

Coucou,

Vous le savez tous maintenant j'espère, le Prix Nobel de la paix édition 2007 a été attribué au GIEC et à Al Gore. On en parle donc évidemment partout. Courrier International propose une petite revue de presse ici. Et on peut y lire l'avis d'un journaliste du Daily Telegraph, qui écrit des choses suffisamment stupides pour que je ne résiste pas à l'envie d'en parler ici.

Je cite (la traduction étant de Courrier International, of course).

« Le réchauffement climatique est une menace pour l'environnement, pas pour la paix et l'ordre international. On a certes déjà attribué le Prix Nobel a des personnalités un peu louches. Mais on pouvait au moins défendre l'idée que leur action avait évité un bain de sang. »

En lisant ça, je n'ai pas pu m'empêcher de vouloir étriper la personne qui a écrit ce machin, encore plus d'ailleurs que quand j'ai lu ses critiques sur les thèses d'Al Gore (qui est plus que très mesuré et bien loin du sensationnalisme qu'on lui reproche, mais encore faut-il avoir vu Une vérité qui dérange, compris le film, et connaître un tant soit peu le sujet pour s'en rendre compte).

Pourquoi cette phrase m'énerve-t-elle tellement ? Parce que le journaliste dit clairement, et ça ne semble pas le troubler plus que ça, qu'il n'a pas compris pourquoi on avait donné le Prix Nobel de la paix, oui, de la paix, et pas un autre, à Al Gore. C'est très clairement parce que le Comité Nobel pense que le réchauffement climatique pourrait avoir à terme (à court terme, même) des conséquences sur la paix dans le monde. Ce n'est pas une théorie nouvelle d'ailleurs, et Al Gore en parle dans son film en évoquant des millions de réfugiés (climatiques) potentiels. De quoi créer quelques désordres effectivement. Et donc non seulement ce monsieur journaliste ne comprend pas un choix très intéressant et pas anodin du tout du Comité Nobel, mais en plus il n'essaie même pas de comprendre, non, il critique des thèses qu'il n'a pas bien comprises. (Il y a trop de fois « comprendre » dans ces phrases, si un jour je suis motivé je les réécris de façon un peu plus correcte.)

Il me fait penser à la plupart des gens qui critiquent les films de Michael Moore qui ne seraient pas « rigoureusement exacts », tout ça parce qu'ils ne sont pas capables de se rendre compte que ce sont des films qui défendent une thèse et qu'il ne faut pas chercher à en tirer une vision du monde parfaitement équilibrée, ce que n'a jamais prétendu vouloir décrire leur auteur.

Et puis tout ça arrive alors que je suis en plein suspende de divorce, moi... Comment vais-je dormir ce week-end ?

En fait, plutôt bien, je pense. Un peu étonné de voir qu'ils installent déjà les premières maisonnettes du pré-Marché de Noël de Stuttgart, qui vend des trucs bons à manger dès le mois de novembre, pour faire patienter jusqu'au 30, date d'ouverture du vrai marché.

vendredi 5 octobre 2007

Des fois je m'énerve facilement, partie 2

Coucou,

Bon je vais continuer cette petite liste des choses qui m'énervent...

Désolé, je n'ai plus toujours les liens pour vous montrer ce qui m'énervait, il faudra parfois me croire sur parole...

Il y a quelques temps, sur France Inter, ils parlaient du Grenelle de l'environnement. Et notamment des propositions de mesures concernant les automobiles. Et qui avaient-ils invité pour commenter ces propositions ? Nul autre que le directeur de la fédération des Automobile Clubs de France. Je vous laisse deviner ce qu'il pensait des mesures... Oui, voilà, vous avez deviné juste, enfin presque. En vrai, il était pire que ça. Il a même dit « mais on s'attaque au mauvais problème, ça ne sert à rien de prendre des mesures comme ça en France, ce qui est important c'est les centrales à charbon en Chine ».
Mais bien sûr. Sous prétexte que les Chinois font n'importe quoi, nous, on a le droit de ne rien faire...

Dans un autre registre, voici une petite vidéo rigolotte si on veut s'énerver, où Paul Amar (contre qui je n'avais pourtant rien de spécial) et Jean-Marc Morandini (que je déteste cordialement depuis quelques années) parlent de Daniel Schneidermann (qui n'est pas gentil mais qui dit quand même souvent des trucs intéressants).

Encore autre chose : Isabelle Balkany était invitée sur Europe 1 jeudi (4 octobre) soir. Pour parler de Cécilia... Elle était assez incroyablement désagréable, elle a réussi en très peu de mots à me donner envie de la baffer. Vous pouvez encore l'écouter ici en train de répondre aux auditeurs s'interrogeant sur l'absence de Cécilia en Bulgarie « mais c'est qu'elle ait réussi et qu'elle soit belle et intelligente qui vous gêne, hein, c'est ça ?! »

On termine avec un petit extrait d'un discours de Rudi Giuliani, candidat à l'investiture républicaine pour les présidentielles américaines de l'année prochaine... Extrait traduit (assez mal mais c'est pas grave) par Rue89. Mais comme vous parlez anglais vous aimerez sans doute la lecture de l'intégralité du discours. Baissons les impôts, et tout ira mieux. Il l'a dit !

Bon allez encore un petit truc : j'ai décidé de baptiser mes trois petits cactus Ikea. Je pense les appeler Pieter, René et Maurits. Celui qui trouve pourquoi gagne un cadeau !

Et si vous cherchez de la musique à écouter, je vous suggère le dernier album des Weeper's Circus, Tout n'est plus si noir. Et si je pense m'acheter un album de Wir sind Helden, mais je ne sais pas lequel choisir. Probablement celui qui a ce joli dessin comme pochette.

lundi 25 juin 2007

The Fox is on fire!

Coucou,

Bon tout d'abord, pour rentabiliser le fait que, quand même, je suis en Allemagne, je voudrais vous faire part de la dernière campagne de publicité du Stern, un magazine allemand qui sert à équilibrer le fait qu'ils ont le Spiegel et Focus qui, eux, sont plutôt bien. Donc le Stern a consacré un numéro au sexe, parce que tout est bon pour faire vendre mais le sexe c'est quand même mieux, et a organisé une super campagne de pub sur le thème « connaissez-vous les zones érogènes de la planètes ? » parce qu'ils nous parlent du monde entier, avec des danseuses de carnaval brésilien au Mexique et des dames en tenue SM en Angleterre.

On a aussi droit dans les couloirs de la S-Bahn (le RER local) à des affiches pour la prévention contre le sida, et ces affiches me perturbent un peu parce qu'elles ressemblent à celles que vous pouvez voir là.

Mais ce n'est pas de ça que je voulais vous parler.

Je regarde en ce moment de temps en temps des épisodes des Simpsons, comme je vous l'ai d'ailleurs déjà dit. Plus particulièrement de la saison 18. Ce soir par exemple j'ai eu droit à une parodie de 24 heures chrono, avec l'homme le plus doux du monde, Kieffer Sutherland, en guest star, s'il vous plaît. Un peu d'auto promo pour la Fox, une fois de temps en temps... Quoiqu'il se foutent pas mal de la série donc c'est aussi de l'auto-dérision, mais bref.

Ce qui est un peu plus marrant, c'est quand les Simpsons se moquent, et pas vraiment gentiment, de la Fox et de Fox News. Oui, oui, ils se moquent de la chaîne qui les diffuse, et sa copine-sœur qui fait de l'info. Enfin de l'info... Et ça donne quoi, vous demandez-vous. Dans l'épisode 21 de la saison 18, par exemple, ça ressemble à ça : Homer zappe entre Fox et Fox News. Sur la Fox, on a droit à la bande annonce d'une nouvelle émission de télé-réalité avec des strip-teaseuses dans un avion, dont une qui joue avec des masques à oxygènes accrochés à ses seins (et Homer adore), tandis que sur Fox News un éditorialiste conservateur (évidemment) se dit scandalisé d'apprendre que des libéraux veulent donner le droit à la Nasa d'avorter (oui bon en français on dit abandonner, le jeu de mot passe mal la traduction) des missions spatiales.

Et j'ai trouvé ça très drôle. Ça m'a fait penser à la fois où on voyait, en période de campagne présidentielle aux USA, un camion de Fox News arriver sur les lieux d'un événement terriblement important (je ne sais plus quoi). Sur le camion, on avait en petit le logo de Fox News et en très grand « Vote Bush! », histoire d'être clair, quoi.

Un peu plus tard dans l'épisode (le 18-21, hein), on a droit à une charmante vue du siège du Parti républicain, que je peux m'empêcher de vous reproduire ici...

Republican Partry Headquarters (château hanté)

Et donc ça passe sur la Fox. Il leur arrive même de critiquer la guerre en Irak, mais si, mais si. Dans une émission satirique nommée MadTV, que je ne connais pas trop trop, mais en gros c'est une série de sketches sur l'actualité. Ils aiment beaucoup Steve Jobs d'ailleurs, que l'on peut voir ici nous présenter le tout nouvel iRack... Vous je ne sais pas, mais moi je trouve que c'est un régal de jeux de mots du début à la toute toute fin...

Voilà, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je crois qu'on n'est pas près de voir de choses de ce genre sur TF1, qui pourtant aurait des choses à dire sur LCI, parfois, non ? Non, évidemment, chez nous, rien à redire, tout est transparent, clair et net et juste. Le président veille !

Ah, est-ce que vous souvenez des pubs de prévention de la S-Bahn d'ici ? Parce que j'ai fini par trouver celle que je vois presque tous les jours, et là voilà :

Mach's mit!

Je ne sais pas si c'est la poire ou le préservatif bleu, mais ça me perturbe à chaque fois.

Mais bon c'est pas tout ça, j'ai des exercices à faire, moi. Pour lesquels je dois entre autre utiliser, snif, alors que je croyais en être débarrassé depuis que j'ai quitté Nantes... la méthode Runge-Kutta 4 ! Oui, elle me poursuit ici encore.

lundi 4 juin 2007

847,63

Coucou,

J'ai appris récemment, et eu l'occasion de vérifier ce soir, que quand Marge, dans le générique des Simpson, passe par erreur Maggie à la caisse enregistreuse au supermarché, ce n'est pas n'importe quel prix qui s'affiche.

C'est même très exactement la somme de 847,63 dollars. Et je le prouve :

847,63

Mais pourquoi donc, demandez-vous ? Parce que les créateurs des Simpson sont plein d'humour et pas stupides du tout. Et ils se sont donc dit que ça serait amusant d'indiquer ce que coûte, en moyenne, un bébé, par mois, à ses parents. Aux États-Unis, bien sûr. Et je ne crois pas qu'ils aient changé le chiffre depuis 1989, donc bon, c'est plus pour l'anecdote qu'autre chose...

D'autres petits trucs que vous avez probablement remarqués vous-même sur le générique des Simpson :
  • on commence souvent (mais pas toujours) par une phrase que Bart recopie plein de fois au tableau,
  • la mélodie que joue Lisa quand elle se fait virer de l'orchestre est chaque fois différente,
  • ce qui arrive à la famille devant sa télé est à chaque fois différent (et ça on y a toujours droit, même quand le générique est en version ultra courte).

Voilà, bon amusement avec les Simpson, dont le 400e épisode (non officiellement) a été diffusé sur la Fox le 20 mai dernier, alors que le 400e épisode officiellement cette fois, le film adapté de la série, The Simpsons Movie, fera ses débuts américains le 27 juillet. Et rendez-vous bientôt pour la 19e saison...

lundi 28 mai 2007

Hi hi hi

Coucou,

Je suis tombé sur cette vidéo et je dois dire que je la trouve assez drôle. Mais vous connaissez peut-être déjà, en fait. Ce qui peut être amusant avec cette vidéo, c'est de chercher les différences entre Qui veut gagner des millions là-bas et ici. Mis à part la drôle de voix du présentateur (sérieusement je sais pas on dirait qu'il est enrhumé ou un truc comme ça), j'ai bien aimé la petite pub cachée pour AT&T, que j'imagine être un des sponsors de l'émission...

Oui, oui, quand le présentateur dit qu'ils vont appeler le père, il ne dit pas « on va appeler votre père », il dit « nos amis d'AT&T vont nous mettre en liaison », ah oui c'est subtil d'autant que les sous-titres (rajoutés pour l'émission de TF1 dont la vidéo est extraite je crois) oublient un peu ce passage.

AT&T, on risque de bientôt encore en attendre parler, parce que ce sont eux qui vont distribuer l'iPhone d'Apple (attention une vidéo drôle se cache aussi derrière ce lien-là)...

Beh décidemment j'arrête pas de poster sur mon blog, moi !