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lundi 28 mars 2011

Wahlrecht

Il y a avait donc des élections dans le Bade-Wurtemberg, vous en avez probablement entendu parler. Les Verts sont les grands gagnants du scrutin, et même si au niveau régional ils restent loin derrière la CDU, à Stuttgart-ville ils recueillent plus de 42 % des voix. C'est beaucoup...

Mais ce n'est pas de ça que je viens vous parler ici, plutôt du mode de scrutin, et encore plus rigolo, du mode de répartition des sièges au Landtag. Il n'est pas le même dans tous les Länder allemands. Par exemple dans les villes états comme Brême ou Hambourg, il y a un couplage de l'élection du chef du gouvernement avec celle du maire de la ville, vu que c'est le même monsieur, mais qui a deux rôles. Et si en général les scrutins sont tous à la propotionnelle, avec deux voix par électeur (une pour un candidat, une pour un parti), c'est là que les spécificités du Bade-Wurtemberg commencent.

Parce qu'ici, les électeurs ont bien deux voix, mais ne votent qu'une fois... Ils choisissent un candidat d'un parti, et c'est automatiquement à son parti qu'est attribuée la deuxième voix, qui compte pour la répartition des sièges à la proportionnelle. C'est pas bien mais c'est comme ça.

Et ça ne s'arrête pas là... Il y a encore une autre spécificité, qui fait qu'hier, il a fallu attendre assez tard pour être sûr que les Verts arriveraient bien à une majorité de sièges avec leurs alliés SPD. Au final ils n'ont d'ailleurs qu'une voix de plus que la majorité absolue.

Je vous explique ce que j'ai compris du fonctionnement du mode de répartition des sièges...

Le parlement comprend au moins 120 députés. J'explique pourquoi « au moins » dans quelques instants. Le Land est découpé en 70 cantons (on va les appeler comme ça). Dans chacun, on élit directement un député (celui qui a le plus de voix dans sa circonscription), et au niveau régional on répartit à la proportionnelle 50 mandats restants. On arrive à 120 mandats. Sauf que si un parti arrive, par exemple, à 50 % des voix, il a droit à 50 % des sièges au total. Donc 60. Sauf que s'il a gagné, par exemple, 63 scrutins, il a déjà 63 élus directs. Et on fait quoi dans ce cas-là ? Dans le Bade-Wurtemberg, il a le droit de les garder. Apparemment pas dans les autres Länder. Bref notre parti avec 50 % des voix se retrouve avec plus de 50 % des sièges. Ce qui constitue une prime au premier parti, puisqu'il y en a ensuite moins à répartir à la proportionnelle pour les autres.

Pour compenser ça, une réforme de la fin des années 90 a mis en place un dispositif qui complique encore la chose... On attribue des mandats de compensation aux autres partis. Ils sont en nombre variable et attribués à la proportionnelle, par circonscription (appelez comme vous voulez un truc qui regroupe des cantons). Par exemple dans la circonscription de Stuttgart, il y avait 4 sièges "en trop" pour la CDU, et 3 de compensation pour le SPD, 2 pour les Verts. On arrive au total à 139 députés (il y en avait 138 après les dernières élections), ce qui place la majorité absolue à 70. Sauf que cette majorité absolue est donc variable... Si vous voulez voir à quoi ressemblent les résultats officiels, vous pouvez aller voir là. Attention ça parle allemand.

Pourquoi est-ce que ça retarde l'annonce des résultats ? Parce qu'il faut des résultats assez précis pour pouvoir calculer la répartition exacte de ces sièges.

Pourquoi est-ce que ça complique le tout ? Mais parce que comme moi, vous n'avez pas vraiment tout compris :-)

Pourquoi est-ce que c'est comme ça ? Je ne sais pas ! Probablement parce que la CDU a bien du adapter un système qui la favorisait trop, mais n'a jamais non plus voulu adopter un système plus juste qui lui serait plus défavorable.

Et au fait, il va se passer quoi ici maintenant qu'il y a un nouveau gouvernement ? À en croire les premières informations, on aura droit à :
- un arrêt des centrales nucléaires du Land,
- la suppression des frais d'inscription à l'université (500 euros par semestre depuis trois ou quatre ans maintenant),
- probablement rien de neuf du côté de Stuttgart 21, le projet de transformation de la gare de Stuttgart, en tout cas pas avant quelques mois,
- pas de révolution non plus, ni de bouleversements fondamentaux...

Signe des temps ou pas, un restaurant végétalien a récemment ouvert à Stuttgart. Il s'appelle le Coox & Candy et je me demande bien comment c'est.Lien

samedi 20 juin 2009

Du vert et d'autres couleurs

Voilà deux semaines que l'on connaît les résultats des élections municipales à Stuttgart, et je n'ai même pas encore pris le temps de vous tenir informés. Après deux jours de dépouillement (hé oui c'est long de compter toutes les voix quand on a un système aussi compliqué). Cela dit ça valait la peine d'attendre, les résultats étant assez funs... Et même presque surprenants. Parce que bon Stuttgart c'est un peu un exemple typique de ville conservatrice, avec des gens riches dans des grosses maisons même pas bleues mais sur des collines, qui travaillent chez Porsche ou Bosch, roulent en Mercedes, et vont à l'opéra. Alors savoir que la CDU fait un bon score et même arrive toujours en tête, ça n'est pas un vraiment étonnant.

Sauf que cette fois, non. La CDU est deuxième. Mais qui a bien pu passer devant ? Les sociaux-démocrates ? Nooooon vous n'y pensez-pas... Ce sont les Verts, enfin les Grünen, qui sont devenus numéro 1 au conseil municipal. Et font du même coup de Stuttgart la première capitale de Land verte d'Allemagne. Il y avait déjà un certain nombre de villes « vertes » dans le coin, par exemple Fribourg (depuis longtemps je crois) ou Tübingen, mais une capitale, non, ça c'est inédit.

Signe dune prise de conscience écologique des habitants ? En fait pas trop... Les Verts font bien leurs meilleurs scores dans les quartiers jeunes et/ou étudiants, mais ça ne suffit pas pour arriver en tête. En fait s'ils s'en sortent si bien, c'est (vous avez noté l'allitération) apparemment en très large partie à cause de (grâce à ?) l'opposition au grand projet Stuttgart 21, soutenu par la CDU et la SPD, officiellement démarré depuis 15 ans et qui en gros consiste à remplace la gare de Stuttgart (en mode terminus : les trains doivent repartir en sens inverse, façon gares parisiennes) par une gare de passage, et sous-terraine. Un gros d'énormes et chers travaux pour une bonne dizaine d'années. Et plein de gens n'aiment pas trop, soit par principe, soit parce que les détails du projet (nouvelles constructions autour de la gare, nouveau plan de circulation des trains) ne leur plaît pas vraiment (en gros on ira plus vite à l'aéroport, mais les lignes régionales n'en sortiront pas vraiment toutes renforcées). Les Verts ayant fait campagne en promettant un référendum sur le sujet, ils ont su convaincre un certain nombre de mécontents. Et finissent donc en tête avec 25,3 % des voix, 24,3 pour la CDU et 17 our la SPD.








Je vous ai promis d'autres couleurs... Des couleurs d'actualité, puisuqe nous sommes au mois de juin et 40 ans après les émeutes de Stonewall (40 ans dimanche prochain pour être exact). Anniversaire qui a motivé Google, qui célèbre le traditionnel mois des gay prides à sa façon. Petite démonstration en cherchant « gay » ou « stonewall »... Ça marche aussi pour « sf pride », mais pas pour « Tales of the City » ou « Matthew Mitcham » (mais dans le dernier cas de toute façon c'est surtout la recherche d'images qui est intéressante). Je vous avais promis plein de couleurs, j'ai tenu promesse. J'aurais aussi pu vous proposer d'admirer un des tableaux bizarres du musée d'Orsay, mais ça sera une prochaine fois.

J'avais terminé mon dernier message en promettant de vous exliquer comment les Stuttgartois font pour mettre des visages sur les noms des listes électorales, je n'oublie pas, vous saurez tout, bientôt. Promis.

lundi 1 juin 2009

Briefwahl

Le 7 juin, il va se passer plein de choses. En France, la fête des mères. Dans l'Union européenne, on va voter pour le Parlement européen (enfin certains pays bizarres comme l'Irlande auront déjà voté avant). Et à Stuttgart, il y aura les élections municipales.

Et tout ça est fort intéressant... En tant que citoyen de l'Union mais d'un autre pays résident à Stuttgart, j'ai le droit de :
- voter pour le Parlement européen dans mon pays d'origine ou, si j'en fais la demande, à Stuttgart (on notera qu'aucun contrôle ne sera fait pour savoir si je n'ai pas voté deux fois, une fois en France et une fois en Allemagne, mais que je dois m'engager sur l'honneur à ne pas tricher)
- voter pour les élections municipales de Stuttgart.

On notera que les étrangers originaires de pays non-membres de l'Union européenne, même travaillant ici et même résidents depuis très longtemps (voire nès ici de parents étrangers), n'ont pas forcément le droit de vote (voire forcément pas si j'ai bien suivi). Bref je suis super privilégié :-)

Et c'est de ces élections municipales que je vais vous parler. Devant rentrer en France le 7 juin, j'étais bien embêté parce que je pensais que zut, je ne pourrais pas profiter de la possibilité de voter ici. Et je ne vois pas vraiment à qui je pourrais raisonnablement donner procuration ici. Mais les Allemands ont tout prévu, et notamment le vote pas correspondance. C'est simple : vous recevez un beau jour un papier par la poste qui vous dit que vous pouvez voter, et si vous le retourner en cochant la bonne case, on vous envoie les documents pour voter par correspondance. Plein de beaux documents que je m'en vais vous présenter. Ça sera au passage l'occasion de découvrir comment marchent les élections municipales par ici.

Ce que l'on reçoit quand on veut voter par correspondance, c'est une grande enveloppe avec plein de choses dedans. Notamment deux petites enveloppes jaunes. Une qui va servir à tout renvoyer quand on aura voté (pas besoin d'affranchir, c'est pratiqueà).

Enveloppe
Et une autre enveloppe jaune, tout symbolique et émouvante, qui est la vraie de vraie enveloppe pour voter, dans laquelle on glisse délicatement son bulletin (de vote, parce que vos notes de premier trimestre de 6e intéressent en fait assez peu les autorités non parentales, il faut bien se le dire).

Enveloppe aussi
On reçoit en plus de ça une feuille (jaune, encore !) à signer pour certifier que cest bien moi et pas mon frère ou mon ennemi qui a voté, ou que c'est bien moi avec l'aide d'une tierce personne qui a voté parce que je ne pouvais pas le faire tout seul. Et une autre feuille d'instruction, qui ressemble à un mode d'emploi pour un appareil électronique, avec des jolies couleurs, et qui explique bien qu'il faut mettre le bulletin dans l'enveloppe bleue et l'enveloppe bleue dans l'enveloppe rouge. Sauf que pas de bol, les deux enveloppes sont jaunes.

Instructions
Quelqu'un aura sans doute oublié d'actualiser la fiche d'instruction depuis le dernier vote. Pas de bol.

Et ce fameux bulletin, à quoi ressemble-t-il ?

Tous les bulletins sont exactement au même format, et présentés dans un (grand) carnet dont les pages peuvent se détacher pour choisir le bulletin que l'on veut. Chaque liste a droit à une longue page, et la couverture du carnet rappelle comment on peut voter.

Instructions encore
Et c'est là que ça devient amusant. J'essaie de vous résumer le principe.

Il s'agit d'élire les 60 membres du conseil municipal, et chaque électeur a ainsi 60 voix. Oui, 60. On peut donner toutes ses voix à une liste, ou les répartir entre les différents membres des différentes listes. Si c'est le cas, on peut soit glisser plusieurs listes dans l'enveloppe et rayer les noms des gens pour qui on ne veut pas voter, ou bien ne glisser qu'un bulletin et ajouter les noms des autres gens pour qui on veut voter. Jusuqe là ça ressemble assez à ce qui passe dans les villages ou les petites communes en France.

Mais ce n'est pas tout. On n'est pas obligé de choisir 60 personnes à qui on veut donner les 60 voix. On peut aussi répartit les voix autrement, et donner à chaque candidat 1, 2 ou 3 voix en mettant une croix ou un 1, un 2 ou un 3 dans la case à côté de chaque nom. On a le droit de donner moins de 60 voix en tout, mais pas le droit d'en donner plus que 60.

Ce qui promet des séances de dépouillement absolument passionnantes...

Je ne vais pas vous montrer toutes les listes parce que ça serait un peu long, mais je vous en donne la liste quand même...

  • CDU, les conservateurs actuellement majoritaires,
  • SPD, les sociaux-démocrates en 2e position, (les couleurs sont un peu françaises parce que les deux aiment bien se présenter en rouge en fait)
  • Die Grünen, bref les verts, 3e et en forte progression en 2004, et cette fois qu'en sera-t-il-je-me-le-demande...
  • Freie Wähler, les électeurs libres ! Des gens qui se sont regroupés sur une liste sans être membres d'un parti. Ils sont assez importants dans le Bade-Württemberg et la Bavière
  • FDP, les libéraux,
  • Die Republikaner, des très conservateurs voire extrémistes de droite,
  • Die Linke, des très à gauche,
  • Un groupement indépendant Stuttgart Ökologisch Sozial,
  • une liste qui n'a que 26 membres mais un nom rigolo : Allianz Graue Panther und Freunde, les panthères grises et leurs amis !
  • Weltaktion, une liste qui compte... un et un seul membre.
Je ne vais pas toutes vous les montrer parce que je n'ai pas que ça à faire non plus, mais pour votre culture et pour soulager votre curiosité (je vous entends trépigner...), voici la liste SPD :

Liste SPD
On notera bien la place libre en-dessous pour ajouter des noms d'autres listes, et la case à droite de chaque nom pour mettre le nombre de voix attribuées.

Comme vous pouvez le constater, le vote est très personnel, puisque l'on peut vraiment choisir qui dans la liste aura des voix et qui n'en aura pas. Et d'après les discussions que l'on a au bureau, il semble bien que les gens ne se privent pas de sélectionner minutieusement celui ou celle qui aura une, deux ou trois voix, et ceux qui n'en auront pas. Selon quels critères ? Et surtout, dans une grande ville, comment fait-on pour mettre une tête sur tous ces noms ? C'est ce que je vais tenter de vous montrer... mais dans un prochain message, parce que celui-ci commence à se faire long.

vendredi 17 octobre 2008

Alfred E. Smith Memorial Foundation Dinner

Alfred Emmanuel Smith, Junior, né le 30 décembre 1873 à New York, et décédé le 4 octobre 1944, était un homme politique démocrate américain, quatre fois gouverneur de l'état de New York et candidat à la présidence en 1928 (élection remportée par Herbet Hoover). On parle encore de lui au moins une fois par an à l'occasion du dîner de charité organisé par la fondation qui porte son nom pour des œuvres caritatives catholiques.

On parle encore plus de ce dîner les années d'élections présidentielles, parce que la tradition veut que, depuis 1960, les principaux candidats y tiennent un petit discours. Il arrive que les candidats ne soient pas invités, ce qui a été le cas pour Bill Clinton (apparemment à la suite d'une de ses positions qui n'a pas plu à l'Église au sujet d'une loi sur l'avortement), mais cette année, au lendemain de leur dernier débat et à deux semaines du jour J... enfin là-bas on dit D, John McCain et Barack Obama étaient là.

Et les scénaristes n'étaient pas en grève, heureusement pour eux. Leurs auteurs ont donc pu leur concter des discours bien sentis, remplis de piques tapant sur leur propre campagne et sur leur adversaire. Un exercice assez impressionnant, il faut bien le dire.

Jugez plutôt... C'est John McCain qui commence...






Puis c'est au tour de Barack Obama.






Épatant, non ? On remarquera que John McCain est quand même assez nettement plus à l'aise dans cet exercice que Barack Obama, même si le discours du candidat démocrate contenait une bonne dose de très bonnes répliques. J'aime beaucoup le « Al Smith était très sympathique, d'après ce que m'a dit le sénateur McCain, qui l'a bien connu » et le clin d'œil à Sarah Palin avec la vue du pas de la porte sur le salon de thé russe...

Par chez nous on s'amuse quand même beaucoup moins. En plus il fait froid.

vendredi 12 octobre 2007

Parfois je m'énerve à juste titre

Coucou,

Vous le savez tous maintenant j'espère, le Prix Nobel de la paix édition 2007 a été attribué au GIEC et à Al Gore. On en parle donc évidemment partout. Courrier International propose une petite revue de presse ici. Et on peut y lire l'avis d'un journaliste du Daily Telegraph, qui écrit des choses suffisamment stupides pour que je ne résiste pas à l'envie d'en parler ici.

Je cite (la traduction étant de Courrier International, of course).

« Le réchauffement climatique est une menace pour l'environnement, pas pour la paix et l'ordre international. On a certes déjà attribué le Prix Nobel a des personnalités un peu louches. Mais on pouvait au moins défendre l'idée que leur action avait évité un bain de sang. »

En lisant ça, je n'ai pas pu m'empêcher de vouloir étriper la personne qui a écrit ce machin, encore plus d'ailleurs que quand j'ai lu ses critiques sur les thèses d'Al Gore (qui est plus que très mesuré et bien loin du sensationnalisme qu'on lui reproche, mais encore faut-il avoir vu Une vérité qui dérange, compris le film, et connaître un tant soit peu le sujet pour s'en rendre compte).

Pourquoi cette phrase m'énerve-t-elle tellement ? Parce que le journaliste dit clairement, et ça ne semble pas le troubler plus que ça, qu'il n'a pas compris pourquoi on avait donné le Prix Nobel de la paix, oui, de la paix, et pas un autre, à Al Gore. C'est très clairement parce que le Comité Nobel pense que le réchauffement climatique pourrait avoir à terme (à court terme, même) des conséquences sur la paix dans le monde. Ce n'est pas une théorie nouvelle d'ailleurs, et Al Gore en parle dans son film en évoquant des millions de réfugiés (climatiques) potentiels. De quoi créer quelques désordres effectivement. Et donc non seulement ce monsieur journaliste ne comprend pas un choix très intéressant et pas anodin du tout du Comité Nobel, mais en plus il n'essaie même pas de comprendre, non, il critique des thèses qu'il n'a pas bien comprises. (Il y a trop de fois « comprendre » dans ces phrases, si un jour je suis motivé je les réécris de façon un peu plus correcte.)

Il me fait penser à la plupart des gens qui critiquent les films de Michael Moore qui ne seraient pas « rigoureusement exacts », tout ça parce qu'ils ne sont pas capables de se rendre compte que ce sont des films qui défendent une thèse et qu'il ne faut pas chercher à en tirer une vision du monde parfaitement équilibrée, ce que n'a jamais prétendu vouloir décrire leur auteur.

Et puis tout ça arrive alors que je suis en plein suspende de divorce, moi... Comment vais-je dormir ce week-end ?

En fait, plutôt bien, je pense. Un peu étonné de voir qu'ils installent déjà les premières maisonnettes du pré-Marché de Noël de Stuttgart, qui vend des trucs bons à manger dès le mois de novembre, pour faire patienter jusqu'au 30, date d'ouverture du vrai marché.

vendredi 5 octobre 2007

Des fois je m'énerve facilement, partie 2

Coucou,

Bon je vais continuer cette petite liste des choses qui m'énervent...

Désolé, je n'ai plus toujours les liens pour vous montrer ce qui m'énervait, il faudra parfois me croire sur parole...

Il y a quelques temps, sur France Inter, ils parlaient du Grenelle de l'environnement. Et notamment des propositions de mesures concernant les automobiles. Et qui avaient-ils invité pour commenter ces propositions ? Nul autre que le directeur de la fédération des Automobile Clubs de France. Je vous laisse deviner ce qu'il pensait des mesures... Oui, voilà, vous avez deviné juste, enfin presque. En vrai, il était pire que ça. Il a même dit « mais on s'attaque au mauvais problème, ça ne sert à rien de prendre des mesures comme ça en France, ce qui est important c'est les centrales à charbon en Chine ».
Mais bien sûr. Sous prétexte que les Chinois font n'importe quoi, nous, on a le droit de ne rien faire...

Dans un autre registre, voici une petite vidéo rigolotte si on veut s'énerver, où Paul Amar (contre qui je n'avais pourtant rien de spécial) et Jean-Marc Morandini (que je déteste cordialement depuis quelques années) parlent de Daniel Schneidermann (qui n'est pas gentil mais qui dit quand même souvent des trucs intéressants).

Encore autre chose : Isabelle Balkany était invitée sur Europe 1 jeudi (4 octobre) soir. Pour parler de Cécilia... Elle était assez incroyablement désagréable, elle a réussi en très peu de mots à me donner envie de la baffer. Vous pouvez encore l'écouter ici en train de répondre aux auditeurs s'interrogeant sur l'absence de Cécilia en Bulgarie « mais c'est qu'elle ait réussi et qu'elle soit belle et intelligente qui vous gêne, hein, c'est ça ?! »

On termine avec un petit extrait d'un discours de Rudi Giuliani, candidat à l'investiture républicaine pour les présidentielles américaines de l'année prochaine... Extrait traduit (assez mal mais c'est pas grave) par Rue89. Mais comme vous parlez anglais vous aimerez sans doute la lecture de l'intégralité du discours. Baissons les impôts, et tout ira mieux. Il l'a dit !

Bon allez encore un petit truc : j'ai décidé de baptiser mes trois petits cactus Ikea. Je pense les appeler Pieter, René et Maurits. Celui qui trouve pourquoi gagne un cadeau !

Et si vous cherchez de la musique à écouter, je vous suggère le dernier album des Weeper's Circus, Tout n'est plus si noir. Et si je pense m'acheter un album de Wir sind Helden, mais je ne sais pas lequel choisir. Probablement celui qui a ce joli dessin comme pochette.

vendredi 28 septembre 2007

Des fois je m'énerve facilement, partie 1

Coucou,

Des fois je me dis que les journaux ou radios font exprès de vouloir m'énerver. C'est assez facile cela dit, il suffit de donner la parole à un intervenant pas neutre du tout sur un sujet, et de le considérer comme si c'était un expert ne pouvant dire que la vérité.

Ou alors il suffit de ne parler que de certains aspects d'un sujet. Ou d'essayer à tout prix d'insister sur les aspects négatifs de ce que l'on n'aime pas juste pour montrer à quel point c'est mal (ce qu'il m'arrive de faire, mais moi j'ai le droit, je ne suis pas journaliste).

Quelques exemples :

Dans un entretien avec Alan Greenspan que l'on a pu lire récemment dans Le Figaro (oui je sais, en lisant Le Figaro j'augmente les risques de m'énerver, mais j'aime bien me provoquer), ce brave Alan disait par exemple ceci :

« Personnellement, j’ai trouvé admirable qu’il ait [Note de Maxou : devinez qui] passé ses vacances d’été aux États-Unis. Son choix de Wolfeboro, dans le New Hampshire, est remarquable. C’est d’ailleurs là que j’allais lorsque j’étais jeune. »

C'est quoi cette phrase ?! Ça ne rime absolument à rien, c'est quoi ce truc ?!

Un peu plus loin dans le même entretien, une question du Figaro :

« Dominique Strauss-Kahn est bien parti pour être le prochain directeur général du FMI. Vous avez un message pour lui ? A-t-on encore besoin du FMI ? »

Bah oui, maintenant que c'est un socialiste qui est à la tête, faudrait quand même pas que ça serve à quelque chose. Enfin c'est un peu l'impression qu'on peut avoir en lisant ça.

Toujours dans Le Figaro, à propos du très amusant traitement du Vélib', voici quelques titres (représentatifs) d'articles publiés sur le sujet :

Vélib' : 28 accidents en deux mois
Vélib', un engouement à double tranchant ?
Détracteurs de Vélib'
JCDecaux : Vélib', une bonne image qui coûte cher

Tout de suite, on a une bonne image du truc.

Bon allez, ça suffit pour Le Figaro, dans un prochain message je vous parle de Morandini et de France Inter. Et de cactus, aussi.

mardi 19 juin 2007

Penser moins pour gagner plus ?

Coucou,

Et ça n'a pas duré. J'étais tout content depuis que j'avais vu Les chansons d'amour samedi, des amis le soir-même, Alain Juppé perdre aux législatives (c'est quand même très con de se présenter aux législatives quand on est ministre... j'ai du mal à comprendre que l'argument « de toute façon je n'irai pas siéger, ça sera mon suppléant » puisse séduire... et si en plus le ministre en question est un peu truand sur les bords... bref), oui donc ça allait bien et puis...

Et puis on a appris l'arrêt de la seule bonne émission de télévision française (et j'exagère à peine). Pour des raisons géniales : il paraît que l'émission était bonne mais usée. Et oui, 12 ans qu'elle existait. Mais non il n'était pas possible de la faire évoluer, il fallait la supprimer, hein. Parce que quand même. C'est à peu près ce qu'a dit le directeur des programmes de France 5, j'adore l'argumentation soignée.

Bon, vous me croyez ou pas, mais à mon avis ce n'est pas parce qu'elle était usée que l'émission a été supprimée. D'ailleurs elle n'était pas usée, elle évoluait un peu parfois quand même avec quelques changements de chroniques, de chroniques, de déroulement, et puis elle était toujours pas mal regardée, donc apparemment les téléspectateurs ne la trouvaient pas si usée que ça. Et puis on ne supprime pas une émission parce qu'elle est vieille, sinon on devrait supprimer le journal télé ou la météo, ça serait curieux quand même.

Daniel Schneidermann

Non, si aujourd'hui on ne peut plus comme ça laisser des gens critiquer, analyser, dire que les médias ne font pas tout toujours très bien, ici ou dans d'autres pays (on nous parle parfois me^me de la télévision dans des pays d'Afrique, non mais vous vous rendez compte !), c'est parce qu'on doit passer à autre chose, voyons. Aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est travailler plus, gagner plus. Mais pas du tout analyser, ou réfléchir. Ou prendre son temps. Ou prendre du recul. Ou avoir un regard critique. Non, non, pas de regard critique, il faut admirer. Admirer le dynamisme des hommes au pouvoir. Leur jogging, leur ouverture, leurs décisions. Les écouter expliquer pourquoi ils ont raison. Il faut regarder le journal télévisé pour être informé. Et il faut croire ce qu'on nous dit. Il faut travailler plus. Gagner plus. Et penser moins, sans doute aussi. Ah non mais ça alors, vous n'allez quand même pas critiquer ! Vous, là-bas, monsieur Schneidermann, vous vous rendez compte que vous avez dit du mal de vos supérieurs hiérarchiques ? Vous avez osé dire qu'ils n'étaient pas géniaux ? On vous a déjà viré du Monde pour ça, on vous vire de France 5, maintenant. Le chef a toujours raison, c'est pourtant simple ! Vos collègues font toujours bien leur travail, c'est quand même une évidence ! Vous les insultez, en insinuant que, parfois, ils ne sont pas irréprochables. Ah non ça ne peut plus durer.

Et ça ne va plus durer, en tout cas pas sur une grande chaîne de télévision française.

Arrêt sur images, la seule émission que je tenais à toujours regarder, à suivre chaque semaine (merci Internet !), ne sera pas de retour à la rentrée.

Je suis assez dégoûté. Surtout qu'on nous dit que ça sera remplacé par une émission dans laquelle des téléspectateurs pourront discuter avec des journalistes ou présentateurs. Génial. Si ça se trouve, ça sera intéressant, d'ailleurs. Au moins autant que la libre antenne d'Europe 1, qui donnait pas plus tard que ce soir des trucs aussi percutants que « Oui je voulais dire que les gens qui disent que les gens qui qualifient les hommes de gauche qui participent à l'ouverture du gouvernement de Nicolas Sarkozy sont des traîtres ont un comportement véritablement stalinien, parce que traître c'est un mot très fort et vraiment insultant. » Ah oui, et stalinien ? « Ah mais stalinien ce n'est pas pareil » continue la personne.

Donc ça sera à quelque chose que ça que ressemblera le successeur d'Arrêt sur images. Chouette alors.

J'espère que l'équipe de l'émission trouvera un moyen de continuer, ailleurs, un peu autrement s'il le faut, mais en ne lâchant rien sur la critique, le recul et l'analyse. Ils disent parfois du mal de certaines personnes ? Et alors, si c'est mérité ! Et puis tellement de gens à la télé passent leur temps à dire du bien de machin et bidule...

Bon pour me consoler de ça et du fait que je n'arrive toujours pas à trouver comment on utilise les éléments XUL scrollbar et scrollbox, j'écoute en boucle la bande originale des Chansons d'amour, le dernier album de Ridan et celui de Tété, quand ce n'est pas un peu Lo' Jo. Autant de choses que je vous recommande, d'ailleurs.

Allez, à plus...

samedi 16 juin 2007

Le département de distorsion des statistiques

Coucou,

Dans un épisode du dessin animé Dilbert, le patron demande à Dilbert de tester un médicament contre le « syndrome du box chronique » sur des rats. Finalement le test sera effectué sur un et un seul rat, le budget alloué (zéro dollar) n'ayant pas permis d'en trouver un autre que celui qui traîne toujours chez Dilbert. Seulement voilà, un test effectué sur un rat, ça ne valide pas encore une étude scientifique. Que faire donc de ces chiffres si difficilement obtenus ?

Les porter au département de distorsion des statistiques, bien sûr. Département de l'entreprise dont l'unique employé explique à Dilbert qu'il peut manipuler les chiffres (le chiffre) fourni pour prouver que l'immortalité est possible. Pour ce qui est du « syndrome du box chronique » (une sorte de dépression qui touche les gens travaillant dans des box dans les entreprises, qui se sentent mal de toute façon mais on a décidé que c'était une maladie, ça permet de vendre un remède), tout le monde sait qu'il existe : on en a parlé à la télé, il y a un livre (dont on a parlé à la télé), et maintenant l'étude de Dilbert, même pas besoin de déformer !

Mais pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Et pourquoi maintenant ? Parce que le département de distorsion des statistiques, il existe pour de vrai, et un peu partout.

Quelques petits exemples glanés de-ci de-là (comme je parle bien moi quand je veux !) :

  • En cours de visualisation, lors de la toute première séance d'exercices, on nous a demandé de commenter le graphique suivant :
    Graphique sur des cartes graphiques
    À première vue, la carte graphique représentée par les traits bleus est trois voire quatre fois mieux que celle en rose, je pense que vous êtes d'accord ?

    Mouais. Quand on regarde d'un peu plus près, on voit que l'échelle commence à 0,8 et non pas à 0, et que l'on passe de 1 à 1,6 ou 1,8... Loin des trois fois plus rapide ou trois fois mieux. Pas besoin de trafiquer les chiffres, ils sont parfaitement exacts enfin je pense. Mais on les présente d'une façon qui fait que quand on regarde un peu rapidement, paf on a une impression un peu déformée de la réalité. Ou très déformée.
  • Lundi dernier, Steve Jobs (encore lui !) annonçait que « le meilleur navigateur du monde » allait être, non, était déjà, disponible pour Windows. Safari, le navigateur d'Apple évidemment (qui est moins bon que Firerfox, bien sûr, mais Steve Jobs n'allait quand même pas évaluer un produit Apple à sa juste valeur, et puis quoi encore). Mais Steve Jobs ne faisait pas que dire qu'il était content et que tout était génial, non, il donnait aussi des chiffres. Obtenus avec un standard de test répandu et connu et que tout le monde peut reproduire et tout. Des chiffres qui montrent que Safari est vraiment le plus rapide de tous les navigateurs. Ah bon. On retrouve mêmes ces chiffres sur le site d'Apple. Ils donnent ça :

    Les performances des navigateurs selon Apple
    Ah oui oui Safari est vraiment le plus rapide pour cette « HTML Performance » qu'on ne sait pas trop ce que c'est, mais quand même, quelle rapidité ! Sauf que... Sauf que quand vous allez utiliser votre navigateur, dans la vraie vie de l'internaute de tous les jours, vous ne verrez pas ces différences. Safari n'est pas plus rapide, en général, pour un utilisateur. Pourquoi ? Parce que le test est effectué dans des conditions très particulières et teste quelque chose de très particulier (pour ce test-là : le temps écoulé pour afficher totalement un certain nombre de pages Web simples). Mais quand vous naviguez sur le Web, peu importe que la page soit affichée totalement, si la partie qui vous intéresse est déjà visible. Peu importe qu'une page simple soit affichée vite, si celle que vous consultez à trois bandeaux en Flash, deux vidéos, quatre Javascripts etc. Et je ne parle même pas du fait que Safari pour Windows, dans la version actuellement disponible, est tout à fait inutilisable. Et d'ailleurs c'est drôle : 'il passe le test Acid2, mais il n'arrive pas à afficher correctement les résultats d'une recherche Google. Comme quoi, un test, ça ne veut pas dire grand chose.
  • Dernier exemple de statistiques à qui on fait dire un peu tout ce qu'on veut ? Mais les sondages auxquels on a eu droit pendant toutes les campagnes électorales, bien sûr. Pendant les campagnes, et même après... Vous vous souvenez du sondage iTélé-Le Figaro-Machin (dont les Guignols n'arrêtaient pas de se moquer) qui nous expliquait que «65 % des Français ne sont pas choqués par les vacances de N. Sarkozy. » Voilà du sondage intéressant, important, bien fait et bien analysé. Parce que bon entre nous, on comprend bien que si on demande à des gens « est-ce que ça vous choque ? » il y ait pas mal de monde qui réponde « bah non, choquer le mot est trop fort... disons que c'est curieux quand même » et voilà paf une personne qui n'est pas choquée. On nous explique aussi que 65 % des gens pas choqués, c'est génial c'est une énoooorme majorité personne n'est choqué... Alors que ça fait 35 % de personnes choquées par les vacances (les vacances !) de leur président, ce qui est quand même un résultat assez surprenant. Et puis on en viendrait presque à ne plus se demander pourquoi donc on fait des sondages pareils, alors que franchement ils ne servent à rien... Ou alors juste à ne pas parler d'autre chose ?
Tout ça pour dire que les statistiques, on peut leur faire dire ce qu'on veut, et on en trouve des preuves un peu trop souvent à mon goût. Tout ça pour dire aussi que Dilbert c'est très drôle et rarement stupide.

À bon entendeur, salut !

mercredi 6 juin 2007

Bill et Steve sont dans un bateau

Coucou,

Tout récemment, Bill Gates et Steve Jobs ont participé, lors de la conférence « All Things Digital » que vous ne connaissiez pas plus que moi, à un entretien avec deux journalistes américains spécialisés en nouvelles technologies. Ils étaient donc tous les deux, l'un à côté de l'autre, sur scène, pour parler de leurs parcours et de leur relation (en faisant même des petites blagounettes sur leur mariage secret au Canada).

Bill Gates et Steve Jobs (dans l'ordre inverse)

On peut revoir cet entretien en vidéo sur YouTube, en plein de petits morceaux. Ça commence avec un super prologue qui vise à convaincre le spectateur qu'il va assister à un événement historique, qui aura lieu maintenant et ici. Mise en scène à l'américaine, c'est toujours amusant...

Je ne vais pas trop tarder sur la forme, on peut signaler que Steve Jobs avait, comme toujours, son magnifique ensemble jeans et T-shirt noir alors que Bill Gates avait une chemise. Ce qui n'a aucune importance et de toute façon ils sont toujours habillés comme ça, depuis plusieurs dizaines d'années même...

Et sur le fond ? J'ai été assez déçu, en fait. Tout simplement parce que monsieur Microsoft et monsieur Apple répondent aux questions exactement comme ils l'ont toujours fait. Steve se la joue dynamique et sûr de lui, pour ne pas dire grand chose (« – Quel appareil numérique posséderez-vous dans cinq ans ? – Je ne sais pas. » ou encore « – Quelles grands changement attendez-vous dans les dix prochaines années ? – Je ne sais pas. »). Face à lui, Bill parle toujours comme quelqu'un dont on se demande comment il a pu devenir PDG d'une entreprise aussi importance que Microsoft. Mais ça c'est quand on le regarde. Quand on l'écoute, il n'hésite pas à prendre des risques, à émettre des hypothèses, à dire que selon lui l'avenir passe par le Tablet PC, par des projections sur à peu près toutes les surfaces planes de nos appartements, par un appareil de poche et un de plus grande taille parce que pour certaines tâches c'est plus agréable, par la réalisation de ce qu'on voit dans les films de science-fiction dès que la technologie le permet (et si ça va dans le bon sens, l'utilisateur n'ayant pas envie d'être espionné par les machines qui l'entourent).

Et pendant ce temps, Steve Jobs persiste à ne rien vouloir dire de ses projets ou de ses idées (alors qu'il en a, évidemment). On comprend bien qu'il a notamment quelques annonces à faire la semaine prochaine à la Apple WWDC, mais bon quand même, face aux journalistes les plus compétents du monde dans un domaine, on pourrait dire un peu quelque chose ? Hé bien non.

Mais il y a plus surprenant. Dans la septième et dernière partie de l'entretien, on interroge Steve et Bill sur les présidentielles (américaines !) de 2008. La question : « quels sont les grands thèmes qui vous paraissent particulièrement importants pour cette élection ? ». Et les réponses sont pour le moins différentes : Bill Gates répond, sans hésiter, que l'éducation doit être la priorité absolue. Pas en lien avec les entreprises de la Silicon Valley, non non, l'éducation, de façon générale, doit être la priorité du gouvernement. On entend aussi parler d'énergie (point sur lequel les deux sont d'accord). Mais la priorité selon Steve Jobs, c'est « la stabilité ». Les entreprises ont besoin de « stabilité ». Et Steve Jobs n'en dit pas plus, n'explique pas ce qu'il entend par « stabilité ». Aucun changement ? Du conservatisme ? On n'en saura pas plus, on peut imaginer...

Quand on leur demande s'ils donnent de l'argent pour soutenir l'un ou l'autre candidat, Steve Jobs répond que non et Bill Gates dit qu'un peu, oui. Ce à quoi on lui fait remarquer qu'avec lui, un peu d'argent, c'est déjà beaucoup... Et Billou plaisante : « oui oui, un milliard ici ou là... »

Autre point de différence : la philanthropie (c'est le mot utilisé par la personne du public qui pose la question). On demande à Bill Gates d'expliquer pourquoi il a choisi de faire « ce que même ses plus grands détracteurs ne peuvent qu'admirer (et là, applaudissements de toute la salle) », c'est-à-dire consacrer une grande partie de sa fortune à des œuvres de solidarité internationale. Et on demande à Steve son avis là-dessus. Réponse de Bill : l'idée, c'est de faire profiter des avancées technologiques (médicaments inclus) ceux qui n'en profitent pas actuellement. Réponse de Steve : « C'est bien que Bill ait compris que ça ne sert à rien d'être le plus riche dans le cimetière. » Pensée de Maxou qui entend ça : « mais c'est quoi cette réponse de Steve Jobs ? »

Je n'ai pas vraiment de conclusion à faire, je vous prie de m'en excuser... Je dirai simplement que l'entretien ne m'a pas vraiment surpris, et que Steve Jobs m'a même un peu déçu... À force de ne rien vouloir dire sur rien (sauf sur le passé), il devient assez agaçant. Bill Gates a plus tendance à oser dire des choses, et c'est assez étonnant quand on pense aux réputations d'Apple et de Microsoft auprès des journalistes (tous Macintoshiens convaincus ?)...

samedi 2 juin 2007

La génétique de la touillette

Coucou,

Il faut que je vous parle de deux choses, toutes deux d'une importance et d'un intérêt égaux, évidemment.

Commençons par la génétique. Vous le savez, c'est un sujet auquel tient beaucoup notre Président. Il l'a prouvé encore une fois tout récemment, apprend-on ici, ou alors dans le journal officiel mais c'est moins drôle à lire.

Que se passe-t-il donc ? C'est simple. Un généticien, Arnold Munnich, a été nommé conseiller de la présidence de la République. Et alors ? Bah et alors on ne sait pas trop. Un conseiller officiel pour la génétique, et personne pour la climatologie ou l'informatique ou la culture ? Ah bon.

Voilà pour une chose. Je vous en avais promise une deuxième. D'égale importance. Aucun problème. La voilà.