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dimanche 24 mai 2009

J'aurais voulu être une fashion victim arty

Je vous raconterai bientôt plein de choses passionnantes sur les élections municipales en Allemagne, et sur le vote par correspondance. Je vous assure ça sera super intéressant. Mais pour le moment je vous propose des choses beaucoup plus légères et beaucoup moins intéressantes. Il en faut aussi...

Libération, le journal français bien connu, fait une campagne de pub (ou un truc du genre) et nous propose (ou nous proposait récemment), à nous les hommes, de découvrir à quelle tribu nous appartenions. Pour l'apprendre, il suffit de se rendre sur une page spéciale et de choisir la porte que l'on préfère. Derrière chaque porte, un portrait du membre type de la tribu par une personne qui a un métier qui n'existe pas (genre « directeur de création », « galeriste » ou « conseil en communication » (et non pas conseiller ou conseillère, mais conseil), une sélection de vêtements, de produits de beauté, d'objets divers et de bonnes adresses, quasi-uniquement à Paris d'ailleurs.

Des portes
À bien regarder les différents vêtements, accessoires et objets recommandés, j'ai été au regret de découvrir que je suis plutôt geeko-sportif... Moi qui rêvais d'être fahsion victim arty (mais avec une porte néo-conservatrice, ou arty s'il y a le reste de l'immeuble qui va avec), ça sera pour une autre fois.

Geeko-sportif... et pas très riche aussi, parce que ma réaction en voyant la plupart des prix des trucs proposés a été un truc du genre « ah ben oui évidemment bien sûr... » Cela dit je l'ai bien cherché... Le site est réalisé par le magazine BuyBuy, qui se décrit comme étant « le magazine du luxe et des tendances. » On était donc prévenus. Dommage, j'aimais bien les baskets geek Puma par Alexander McQueen. Mais 250 euros ça fait cher les baskets quand même. Surtout qu'en fait elles ont des semelles bleues assez moches que je n'avais pas vues au premier regard.

Des baskets
Et puis dépenser pas mal d'argent pour des chaussures, c'est très mal. C'est le Figaro qui le dit. Si, si. Dans un article intitulé L'argent ne fait pas le bonheur. Bon en fait ils ne disent pas ça, mais ils parlent des dernières tendances cinématographiques et nous apprennent que, accrochez-vous bien parce que la phrase est assez extra...

Sur fond de crise financière, les cinéastes dessinent désormais des personnages
qui trouvent le sens de leur existence au-delà de la richesse.

On remarquera le « désormais »... Parce que c'est bien connu, jusqu'ici, au cinéma, tous les personnages présentés par tous les cinéastes ne trouvaient le sens de leur existence que dans la richesse. On n'imagine pas un seul contre exemple.

Ah au fait, l'image avec les portes un peu plus haut me fait penser à la célèbre énigme avec les trois portes... Je vous ai déjà embêtés avec ? Je ne sais plus...

samedi 23 août 2008

Points de vue

Coucou,

Un petit truc rigolo vu en Espagne hier, chez un marchand de journaux. Au rayon presse internationale, le Monde, le Figaro, Libération et le Parisien étaient côte à côte. Tous faisaient leur une sur la situation en Afghanistan. Mais chacun dans son style, jugez plutôt (je cite de mémoire) :

Le Monde, journal censé être d'analyse :
Les raisons de l'enlisement en Afghanistan

Le Figaro, journal.... comment dit-on ? De droite ? Libéral ? Ah, non, sarkozyste :
Sarkozy : en Afghanistan, l'armée se bat pour défendre le monde libre

Le Parisien, journal plutôt populaire :
Bouleversant : les corps des six soldats tués en Afghanistan rapatriés

Et Libération, de gauche :
Faut-il quitter l'Afghanistan ?

On a rarement droit à un aussi bel étalage des différences entre journaux, donc je vous en fais profiter...

Je constate avec peine que ces imbéciles d'ayants-droits d'Hello Dolly ont supprimé la vidéo de Youtube, alors je remplace avec une vidéo qui intéressera surtout les germanophones (les autres peuvent demander une traduction ou des explications s'ils veulent) : Rainald Grebe nous parle de la Stiftung Warentest. Mais d'abord, il émet un avis fort intéressant sur les années 90. Et les lectures masculines et féminines.




Je savais que ça vous plairait... et j'espère ne pas avoir été mangelhaft.

dimanche 27 avril 2008

Cannstatter Zeitung

Bonjour à tous, ça faisait longtemps !

J'étais à la Frühlingsfest cet après-midi, pour faire des photos. Et d'ailleurs, j'ai fait plein de photos. J'ai aussi mangé des frites et bu un Spezi, mais là n'est pas le sujet du ce message. Non. Je vous écris parce que près du stand d'information, là où à la Volksfest se dresse la Fruchtsäule et au printemps la Cannstatter Kanne, se trouvaient quelques piles de journaux, apparemment en libre service. Et je me suis donc servi (après avoir vérifié quinze fois qu'il n'y avait rien ni personne à proximité pour payer ou pour m'accuser de vol).

Et j'ai eu bien raison. Car j'ai ainsi pu découvrir... le (ou la pour les intégristes germanophones) Cannstatter Zeitung. Édition du week-end, c'est encore mieux ! Samedi-dimanche, six cahiers (six !), 52 pages au format « journal allemand » c'est-à-dire beaucoup trop grand pour être lu confortablement, peu importe la façon dont vous le posez ou le tenez.

Wikipédia m'en apprend un peu plus sur le journal en question. Imprimé au format rhénan, soit 350 mm par 510, ce qui est comme je le disais trop grand pour un être humain, il est vendu chaque jour à près de 8 800 exemplaires. Pas mal du tout, pour le journal local de Bad Canstatt et Untertürkheim (il existe deux éditions, une pour chaque ville, au contenu identique mais au titre différent... et pour indication il y a environ 65 000 habitants à Bad Canstatt et 16 500 à Untertürkheim, mais les deux villes sont rattachées à Stuttgart).

Que trouve-t-on dans ce magnifique journal ? Bon j'ai l'air ironique mais en fait je dois dire qu'il est pas mal du tout, et qu'en comparaison nos journaux régionaux français pourraient avoir honte. Voici un petit aperçu du numéro des 26 et 27 avril 2008, 17e semaine, n° 98, 184 année (c'est vieux !)...

À la une : la Chine veut reprendre le dialogue avec le Dalaï-lama. Le reste du premier cahier est consacré à la politique (« les boîtes aux lettres pourraient bientôt rester vides » en raison de la grève des facteurs), à l'actualité locale, très locale... comme la mise en place des palmiers pour la saison d'été à la Wilhelma, des infos sur la ville voisine, Stuttgart, et son aéroport (la liaison Stuttgart-Dubai n'est pas pour tout de suite, apparemment).

Le deuxième cahier est consacré à l'économie : la Kreissparkasse Esslingen-Nürtringen ne craint pas la crise économique. Deux pages spéciales sur l'actualité de la Frühlingsfest : défilé de dirndl dans une tente, visite de Rainhard Feindrich (et de sa compagne Ina Nadine Wagler), le star autrichienne, avant son concert « unplugged » dont les pubs sont partout dans le métro depuis quelques mois.

Vient ensuite le sport : le VfB (actuellement 5e en Bundesliga, et champion d'Allemagne en titre) a-t-il des chances face au FC Bayern (actuel 1er). Après quelques infos sur la future Coupe d'Europe, on retourne à la politique. La transition est assez violente. Réformes dans les maisons de retraite, suite de l'article sur le Dalaï-lama, et...

Un article sur Sarkozy ! On nous montre deux Français en train de le regarder à la télévision, et on nous explique que notre président, au plus bas dans les sondages, cherche une deuxième chance... Une interview qui, selon le journaliste, méritait plus le nom de monologue et lui a permis de faire l'éloge de soi-même. L'article est concis mais complet : on apprend tout, des mauvais sondages pour Sarko à l'avis du PS, en proie aux luttes de pouvoir en passant par le coût de l'opération de communication pour les chaînes de télévision : 280 000 euros.

Un peu d'actualité régionale ensuite, et l'endettement des communes du Bade-Wurtemberg. Puis un « regard sur le monde » avec le trafic de tortues en Thaïlande, et on arrive au quatrième cahier.

Quatrième cahier un peu plus léger. Une piste cyclable paneuropéenne de Paris à Prague, le programme des sorties, la météo, deux pages télévision, puis la cuisine et un article sur les spätzle ! Car les spätzle sont « plus que des pâtes » et son très bons avec des girolles, comme nous le montre une photo qui donne sacrément faim. Un autre article est consacré à la rhubarbe, à manger en compote, en parfait avec des fraises ou avec des côtelettes (en chutney), mais jamais crue, attention à l'acide oxalique. Une page voyage et excursions, fin du cahier.

Mais pas fin du journal : voici le cahier supplément week-end. Un cimetière à Rome, le quotidien dans les quartiers pauvres à New York, et la page culture, avec une dame aux cheveux noirs sur fond rouge... son visage me dit quelque chose... Elle a salué son public en déclarant « Sie sind immer in meinem Erzen » sans h à Herzen... mais oui c'est Mireille Mathieu ! Après 20 ans d'absence, la voilà de retour en Allemagne. Elle était apparemment moins à l'aise pour chanter « Ganz Paris ist ein Theater » (un Ohrwurm qui avait eu du succès ici dans les années 70) que pour ce pour quoi on... euh ils l'aiment : La vie en rose, ou ses nouveaux tubes comme Du bist die Welt. On poursuit avec le cinéma (oui pour Mireille ça suffit) et l'immobilier, et on expédie le dernier cahier consacré à l'emploi, à l'automobile et aux jeux.

Ouf ! C'était une lecture intense. Bon j'avoue j'ai pas tout lu... mais en comparant à mes souvenirs de DNA ou d'Alsace, je dois dire que les Allemands ont quand même l'air vachement plus doués que les Français pour les journaux locaux. Surtout que ça c'était Bad Cannstatt, mais à Ludwgsburg ou à Tübingen, il y en a d'autres, des journaux...

dimanche 27 janvier 2008

Die Erotik der Macht

Coucou,

C'est amusant... Je lisais ce matin une dépêche de l'AFP sur le site du Figaro, dont le titre a attiré mon attention... « Sarkozy se défend d'être trop "people" »... Le contenu est encore mieux. On y apprend que notre Sarko national aurait répondu, quand on lui demandait s'il était selon lui plus connu à l'étranger pour son style et sa vie privée que pour son action, « je pense que ce n'est pas exact ». Vous pouvez en lire plus sur le site du Figaro. Moi je considère que c'est amplement suffisant pour introduire le sujet qui va nous occuper aujourd'hui...

Vous connaissez sans doute le Spiegel, ce magazine allemand réputé dont Courrier International estime qu'il s'agit d'un « grand, très grand magazine d’enquêtes, lancé en 1947, agressivement indépendant, à l’origine de plusieurs scandales politiques. » Bref, pas un petit truc au rabais, qui tombe dans la vulgarité, le ragot, la pipolisation etc. D'ailleurs, l'indépendance a un prix... 3,50 euros le numéro, c'est pas donné. Et que trouvait-on cette semaine à la une de ce grand hebdomadaire allemand ? Une image vaut mieux qu'un long discours. Comme je vous aime bien, je vous propose même plusieurs images !

On commence avec la couverture. Quand je l'ai vue chez le marchand de journaux, j'ai eu un choc. Et évidemment je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter le Spiegel, parce que vraiment ça s'annonçait passionnant. Beaucoup plus drôle en tout cas que tous les journaux locaux ou régionaux ou nationaux qui faisaient leur Une sur l'histoire de la Société Générale (c'est limite si les Allemands en ont plus parlé que les Français, de ce truc-là). Mais la Une du Spiegel, donc...


L'affaire d'État Sarkozy-Bruny, l'érotisme du pouvoir, le mariage du sexe, de la politique et du soap... Tout un programme ! À l'intérieur, on a droit à une dizaine de pages de dossier, avec de magnifiques illustrations. La première page, par exemple, me plaît beaucoup :


Je suis tout spécialement fan de la mise en parallèle de la photo officielle du président et du mannequin sur le podium... Ils sont forts, au Spiegel, quand même. D'ailleurs, la mise en parallèle, c'est leur spécialité, et ça continue avec une photo de Sarko à son bureau, rapprochée d'une photo très, très similaire du'n certain Kennedy.


On notera que le petit Louis a des avantages par rapport au petit John, à savoir une maman et un chien qui se font photographier avec lui.

Je vous parle un peu de l'article quand même, enfin très rapidement... Le magazine s'étonne des vacances payées par un industriel français... « Imaginons-nous une seconde seulement qu'Angela Merkel se fasse payer ses vacances d'été par Tchibo ou qu'elle voyage avec l'hélicoptère de Hans "Haribo" Riegel »... Ils en vont même à se demander si un pays où de telles choses sont possible est vraiment encore une démocratie. Aïe, ça fait mal.

Vous l'avez peut-être déjà entendue, parce que l'expression est tellement bonne qu'elle a été reprise en France... mais apparemment, Angela Merkel a trouvé un charmant sobriquet pour notre Nicolas adoré : « le président Duracell ». Il faut dire que ça lui va à ravir. Et le Spiegel nous explique que ce président à piles énerve beaucoup, à Berlin. Et on cite le projet critiqué d'Union euro-méditerranée, ou le retour en France du journaliste prisonnier au Tchad dans l'affaire de l'Arche de Zoé, rapatrié par Sarko dans une opération « mise en scène comme une opération de sauvetage dramatique. »

Les parallèles, on n'en a jamais trop, alors le Spiegel en fait un troisième. Magnifique, celui-là. Triple comparaison... avec du beau monde. Louis XV et Madame de Pompadour, Pompidou et sa femme Claude, et... la famille Sarkozy. Regardez comme ils sont beaux.


Bon ça suffit comme ça, je garde des choses de côté pour vous parler de sujets moins ridicules dans un autre message.