mercredi 28 mai 2008

Un zoom et un rébus

Coucou,

Du cinéma et un rébus au programme cette fois-ci. Mais le cinéma d'abord.

Vous connaissez Alfred Hitchcock ? Oui bon c'est une question purement rhétorique. Il a inventé plein de trucs, et a notamment été un des premiers à utiliser un effet spécial très spécial. Effet qui a été repris par plein de gens bien depuis, on peut voir ici une petite compilation de ce que l'on appelle souvent le zoom Vertigo, puisque c'est dans le film Vertigo qu'il a été utilisé autant que l'on sache pour la première fois.




Vous aurez reconnu des extraits de Vertigo, donc, mais aussi des Dents de la mer, de Poltergeist, des Affranchis et de la Communauté de l'anneau.

Comment ça marche ? C'est assez simple, en fait. On effectue un traveling arrière, bref on recule la caméra, ce qui fait que l'arrière plan change. Et pour que le premier plan reste autant que possible stable, on zoome vers l'avant, aussi précisément que l'on peut. Pas besoin d'ordinateur, de techniques compliquées, vous pouvez même jouer à Hitchcock, Spielberg, Scorcese ou Jackson (Peter de son prénom, tiens il a besoin de son prénom lui pour qu'on le reconnaisse vraiment) chez vous, c'est la classe.

On notera au passage que l'effet est toujours visuellement impressionnant mais qu'autant que je sache, il n'y a que dans les Affranchis qu'il a vraiment un sens. Pour vous en convaincre, il suffit d'écouter le dialogue...




Voilà... On the surface everything seemed to be fine... Bien trouvé, non ? (Provocation gratuite : c'est pas Tarantino qui aurait eut une idée comme ça.)

Assez pour le cinéma, enfin assez pour aujourd'hui. Passons au rébus !

Je suis allé voir un professeur de l'université récemment, parce que j'avais besoin de lui pour des formalités administratives absolument passionnantes. Il a été très gentil, pas de souci. Mais il ne m'a pas laissé partir avant d'avoir résolu... ça :

RébusAlors oui, je sais, c'est un rébus en allemand. Mais vous êtes assez nombreux ici à parler allemand, et les autres ont plein de trucs de traduction, genre Léo, pour les aider, donc pas d'excuses. Je suis bien évidemment à votre disposition dans les commentaires pour toute indication... mais je vous préviens tout de suite, c'est tordu. À vous de jouer !

jeudi 22 mai 2008

Couleur poisson

Coucou,

Allez on ne se repose pas trop longtemps sur les lauriers de sa première d'année d'existence, et on continue de parler de tout et de rien, mais toujours de choses extrêmement passionnantes. Je ne suis pas du genre à répondre aux derniers commentaires par un « so long and thanks for all the fish! » mais par contre je ne rate pas l'occasion de vous proposer de revoir (parce que vous l'avez évidemment déjà tous vu, et peut-être même lu) le générique du Guide du voyageur galactique...



C'était bien, hein ? Je le savais. Je pourrais vous proposer d'autres extraits du film, mais non, z'avez qu'à le regarder quand il passe à la télé ou louer le DVD, na.

Changeons de sujet. Vous savez peut-être que j'ai fait des études de visualisation. Oui, oui, ça s'étudie. Et même que mon stage de fin d'études à un rapport avec la visualisation ! Alors tous les jours je parcours le Net à la recherche de trucs rigolos dans le domaine. C'est un stage plutôt agréable...

Et des fois on tombe sur des visualisations assez sympas et intéressantes qu'on a envie de faire découvrir à plein de gens, comme celle dont je vais vous parler là tout de suite.

Vous avez déjà eu des débats sur les couleurs, du genre « ça c'est du violet ! », « non c'est violine », « non c'est fuchsia » et j'en passe ? Des chercheurs ont proposé des échantillons de couleurs à plein de gens, et leur ont demandé de donner un nom à chaque échantillon. Et ils ont fait une chouette interface Web pour consulter les résultats de leur étude. Le nom donné à chaque couleur par les personnes testées sont écrits dans la couleur en question, et chaque couleur est joliment placé sur une roue de couleurs. Ils ont ajouté un champ de saisie pour filtrer les résultats, par exemple si dans le champ on tape « green » on voit tous les noms de couleurs et toutes les couleurs qui contiennent les lettres « green ». Comme le truc fonctionne avec des expression régulières (on fait de l'informatique ou on n'en fait pas), si on veut trouver les couleurs considérées comme exactement du vert, on peut entrer « ^green$ », le ^ signifiant « début » et le $ « fin ».

vertVert selon les gens interrogés...

Pour finir sur les couleurs on pourra s'amuser avec la liste des couleurs de Wikipédia. Vous connaissiez le blanc de Meudon et le bleu safre ? Le rouge de Mars et le noir d'aniline ? Maintenant, oui.

lundi 19 mai 2008

Anniversaire

Coucou,

Le 19 mai 2007, il y a donc exactement un an, je postais le premier message de ce blog. Je crois qu'il reste un des meilleurs rapports longueur et intérêt du message / nombre de commentaires jamais vus sur ce blog ou ailleurs.

Depuis, dans un des 60 messages postés ici, je vous ai parlé principalement d'Allemagne et de Stuttgart, mais aussi de cinéma, de comédies musicales, de grands-huits et de plein choses géniales ou énervantes, et ça m'a amusé tout plein. Donc, petits chanceux, je vous annonce que je vais continuer aussi longtemps que possible... Youpi !

Je n'ai pas de statistiques des visites depuis le début, mais seulement depuis le 9 octobre. Qu'importe, ça permet déjà de voir quelques trucs rigolos. Vous n'êtes pas forcément très nombreux à venir me lire ici, mais vous êtes de grande qualité alors ça compense :-) On (enfin quand je dis « on » je veux dire « Google Analytics ») compte environ une quinzaine de visiteurs par jour, et 1492 depuis que les statistiques sont lancées (hommage à Christophe Colomb, ou à Vangelis ?) La page la plus vue (après la page d'accueil) est celle sur la charade, suivie de près par celle sur la Volksfest.

Les visiteurs, vous, donc, sont plutôt des gens bien. Vous utilisez Firefox à 70%, et rien que pour ça je vous aime. Vous venez en très large majorité de France, mais aussi du Japon, du Canada, des États-Unis, du Chili, d'Allemagne, de Norvège, du Maroc. On compte une visite du Pakistan et une autre de Roumanie, mais aucune de Chine ou d'Inde. 46% d'entre vous sont venus une et une seule fois, ce qui fait quand même 54% de visiteurs qui reviennent, et ça ça me plaît beaucoup.

La moitié des visiteurs arrivent ici en provenance d'un moteur de recherche (Google dans une écrasante majorité des cas), ce qui m'oblige à dire quelques mots sur les mots clés qui vous amènent ici. « maxou stuttgart », rien de bien surprenant, est le mot clé préféré pour arriver sur ce blog. Plus amusant, « 847,63 », comme quoi beaucoup de gens s'intéressent aux Simpson, et j'ai bien fait d'écrire un billet sur le sujet. Dans les mots clés plus inattendus, on notera que « boissons bizarres » m'a rapporté pas mal de visites, « je m'énerve facilement » aussi, et dans les recherches anecdotiques mais amusantes je signalerai « bateau de Bill Gates », « la touillette », « couche avec le réalisateur », « blog de lapin playboy » (ça existe ?), « comment dormir car je m'énerve » (je ne sais pas !), « cuir gay blog » (ce qui me fait penser que je n'ai toujours pas de veste en cuir), « ours blanc qui fait coucou », « parfois je pense à... » (oui, mais à quoi ?), « pikachu epileptique » (le pauvre), « shirt moulant dexter » (ça lui va bien, hein ?), « shia labeouf nom ridicule » (je suis bien d'accord), « vous avez l'aire d'être content aujourd'hui » (non j'ai la surface d'être triste), et d'autres, mais je ne vais pas recopier les 751 mots clés ici.

C'est tout ce que j'avais dire après un an, pensez-vous l'air attristé ? Comme je sais qu'il vous en faut toujours plus, je vous propose de nous quitter (temporairement) avec une photo (enfin, plusieurs photos collées ensemble) du musée technique de Sinsheim, histoire d'admirer un Concorde et un Tupolev 144 côte à côte. Les deux seuls avions de ligne supersoniques à avoir existé, réunis à une heure de route de Stuttgart.

Concorde et Tupolev 144
Ne sont-ils pas jolis ?

mercredi 14 mai 2008

Broadway et Hollywood

Coucou,

West Side Story est une comédie musicale de Leonard Bernstein et Stephen Sondheim jouée pour la première fois en 1957 à Broadway. C'est aussi un film réalisé par Robert Wise et Jerome Robbins (qui signait déjà les chorégraphies de la version sur scène) sorti en 1961. Un film qui a gagné 10 Oscars, ce qui est impressionnant et un peu exagéré quand même, il ne devait rien y avoir de transcendant au cinéma cette année. D'ailleurs une rapide vérification le confirme à peu près (il y avait La Dolce Vita, quand même).

JetsLes Jets claquent des doigts parce que c'est viril

Ce qui est amusant, c'est qu'il y a pas mal de différences entre la comédie musicale et le film. Le principal est l'ordre de quelques chansons. Sur scène, on a tenté d'avoir des actes à peu près équilibrés : le premier se termine après la bagarre, le deuxième c'est la découverte des décès et les conséquences. Dans le film, la bagarre arrive très près de la fin, pour être une sorte de point culminant de l'action (la dernière partie du film est d'ailleurs assez lente et un peu barbante il faut bien le dire).

BernardoBernardo a astucieusement choisi un mur rouge pour mettre en valeur sa chemise rouge

Quelles sont les chansons qui ont bougé ? Les chansons gaies qui étaient dans le deuxième acte, et tout particulièrement I Feel Pretty et Gee Officer Krupke. Inversement, Cool est passé d'avant la bagarre (sur scène) à après (au cinéma).

Ce qui n'est pas sans incidence ! Il y a des détails « pratiques » : c'est Riff qui « mène » Cool sur scène, mais dans le film au moment où la chanson arrive il est déjà mort, et c'est Ice qui le remplace. Ice, qui sur scène s'appelait Diesel. Vous suivez toujours ?

Pour équilibrer... et rester cohérent avec le fait que c'est Riff le chef des Jets, c'est lui qui mène Gee Officer Krupke (alors que c'est Action sur scène). Beh oui il est encore vivant donc il peut chanter, le chef !

I Feel PrettyMiss America, bravo, speech!

Les changements d'ordre ont également rendues nécessaires des adaptations de paroles, principalement pour I Feel Pretty. Sur scène, la chanson était chantée de nuit (après la bagarre mais avant qu'elle n'apprenne ce qui s'y est passé) dans la chambre de Maria, et on l'entendait dire « I feel pretty and witty and bright, and I pity any girl who isn't me tonight. » Mais au cinéma, elle chante le jour dans le magasin et prononce les paroles bien connues « I feel pretty and witty and gay, and I pity any girl who isn't me today. » Ce qui a permis au père de Chandler de reprendre cette chanson dans son spectacle à Las Vegas, comme vous ne l'ignorez probablement pas.

Dernières conséquences de ces changements d'ordre : l'interprétation des paroles n'est plus du tout la même. Autant je dois dire que Cool prend pour moi beaucoup plus de sens après le combat, autant je dois dire que je suis déçu que le côté second degré voire cynique ou désespéré de I Feel pretty et de Gee Officer Krupke est complètement perdu, on se retrouve dans une interprétation très terre à terre. C'est cohérent, certes, mais on perd un peu en originalité.

Il y a d'autres changements qui sont là pour des raisons de correction politique (faut faire politique correct, quoi). Je pense tout particulièrement aux paroles de America. Il y a un très chouette site qui permet de les lire en version scène et cinéma. Les deux chansons n'ont presque plus rien à voir ! Sur scène, on a droit à un duo (duel ?) entre Anita, qui vante les joies du rêve et américain et critique assez durement la vie à Porto Rico, et Rosalia qui a gardé un souvenir nettement plus positif de l'île de ses origines... Au cinéma, le duo se fait entre Anita et Bernardo, et cette fois-ci Anita vante toujours les mérites de la vie aux États-Unis mais ne dresse pas de portrait aussi noir de San Juan... Par contre Bernardo critique vivement New York et le racisme ambiant. Petit exemple :

Sur scène :

ROSALIA: I'll drive a Buick through San Juan. ANITA: If there's a road you can drive on.

Au cinéma :

ANITA: Buying on credit is so nice. BERNARDO: One look at us and they charge twice.

AmericaAmerica au cinéma : les filles d'un côté, les garçons de l'autre

Parmi les autres différences, on notera bien sûr la distribution : la plupart des acteurs de Broadway n'ont pas pu reprendre leur rôle à Hollywood, alors qu'ils savaient chanter et danser, eux. Mais voilà au cinéma il faut des stars, et même si Natalie Wood ne sait pas bien chanter et a dû être doublée par Marnie Nixon,c e n'est pas grave, on la prend quand même...

Je termine rapidement en citant les quatre passages que Jerome Robbins a eu le droit de réaliser avant de se faire virer du film : le prologue, Cool, I Feel Pretty et America. Il devait réaliser tous les numéros musicaux, mais était un peu trop maniaque pour la santé des acteurs (presque tous blessés à la suite du tournage de Cool) et les producteurs (presque ruinés avant de le virer).

Il y a encore plein de petites différences ici ou là, de trucs inversés (Tonight et America) ou de paroles changées car prononçables sur scène mais ne passant pas la censure au cinéma, mais je ne vais pas tout citer non plus !

mercredi 30 avril 2008

Frühlingsfest (suite et fin)

Herzlich Willkommen
Coucou,

Et oui, herzlich Willkommen dans la deuxième partie de mon reportage sur la Frühlingsfest. Si vous ne l'avez pas encore lue, la première partie est là. Je serai en fait assez bref, je crois.

Je vous avais dit que le symbole de la Volksfest était la Fruchtsäule... la colonne aux fruits, très joliment décorée... Référence aux origines agricoles de la fête, tout ça... Beh au printemps ils ont aussi un symbole. Et ce symbole, c'est la Cannstatter Kanne. Que vous pouvez admirer ici dans toute sa splendeur.

Cannstatter Kanne
Si vous affichez la photo en grand, vous aurez quelques précisions historiques... c'est-y pas merveilleux ?

Il y a de grands, de très grands manèges à la Frühlingsfest. La Wildwasserbahn, par exemple, enfin moi j'appelle ça les bûches. C'est mon truc préféré sur une fête foraine, parce que ça n'a vraiment rien à y faire : c'est incroyablement décoré, ils vont jusqu'à mettre des fleurs différentes suivant la saison, il y a plein de petites cabanes toutes charmantes tout le long du parcours, il n'y a pas un poteau qui ne soit pas thématisé pour lui donner un air de vieux truc en bois, et comme une image vaut mieux qu'un long discours...

Wildwasserbahn
...je vous propose carrément deux images, parce que j'ai aussi pris (je me demande pourquoi) une photo des caractéristiques techniques de l'attraction.

Wildwasserbahn, données techniques
Si vous êtes comme moi, ça ne vous évoquera pas grand chose (600 000 litres d'eau ? 400 tonnes ?), mais ça fait sérieux.

Évidemment dans le genre grand, très grand, il y a mieux, il y a la star, il y a le summum du gigantisme, j'ai nommé l'Olympia Looping. Parce que quand on se met en tête (comme l'a fait le forain Rudolph Barth pour la fête de la bière de Munich de 1989) de construire un grand huit transportable avec cinq inversions, on se risque sur des chemins hasardeux. Il a bien évidemment fait appel à Werner Stengel comme à chaque fois que quelqu'un veut construire un chouette grand huit, et le résultat est toujours aussi impressionnant près de 20 ans plus tard. Pas loin de 900 tonnes, plus de 80km/h de vitesse de pointe (100 selon le forain mais il ment un peu quand même) 38 mètres de haut, au sol 86 mètres sur 38, c'est grand y a pas à dire.

Olympia Looping, détail
D'ailleurs c'est tellement grand que ça ne tient pas sur une seule photo. Donc là j'ai pu vous montrer un train en haut d'un looping, je suis fier de moi, mais pour avoir une idée un peu plus générale de la bête, il faut coller plusieurs photos ensemble, et c'est ce que j'ai fait...

Olympia Looping
Si vous voulez voir le panoramique en très très grand, c'est possible ici.

Il y a aussi des grands huits plus normaux, heureusement, comme une Wilde Maus toujours appréciable...

Wilde Maus
Ou le très rigolo Spinning Racer... Une vidéo permet de bien voir ce que le machin a de rigolo.


Puisque j'en suis à vous montrer des photos passionantes, en voici une spécialement dédicacée à tous ceux qui sont fans des jets d'eau de Roller Coaster Tycoon. Ce sont presque les mêmes, mais en vrai... Oh joie !



On appréciera au passage la musique choisie par le forain...

Et comme jamais deux vidéos sans trois, je vous propose un complément à nos exercices de dynamique des solides d'octobre dernier, avec le monstrueux Flying Circus. Je préfère les Monty Python, sans hésitation.



Oui je sais, c'est affreux. Mais il y a des gens qui aiment, apparemment. Moi pour me remettre de tant d'émotions j'ai besoin de regarder autour de moi. Je vous propose de regarder avec moi, ça donnera une jolie vue d'ensemble. Non, deux vues d'ensemble. Une de l'intérieur du Wasen.

Wasen
Et, last but not least, une vue panoramique de tout le Wasen, d'un bout à l'autre, depuis une passerelle pour piétons au-dessus du Neckar.

Panoramique de la Frühlingsfest 2008 (assemblé par Shadow)
Pour voir la photo en beaucoup, beaucoup plus grand, c'est par ici. Et c'est sur ces belles images que je vous laisse, on a bien visité la Frühlingsfest, on est contents, youpi !

Frühlingsfest

Coucou,

Depuis le 12 avril et jusqu'à dimanche qui vient (aussi appelé dimanche 4 mai), c'est la 70e Stuttgarter Frühlingsfest, pendant printanier de la Cannstatter Volksfest. Le principe est presque le même, quoique la version printemps est plus orientée manèges et moins bière. Les grandes tentes des brasseries ne sont pas montées (on trouve seulement trois « petites » (comprenez à 2000 places) tentes de restaurateurs), mais c'est l'occasion d'avoir à Stuttgart les très grandes attractions qui sont à Munich en octobre.

Contrairement à la Volksfest, il n'y a pas d'origine vraiment historique à la Frühlingsfest, ils avaient envie de mettre une fête au printemps et hop ils l'ont fait. Et trois semaines, carrément (au lieu de deux en octobre), pour compenser paraît-il le fait qu'il ne fait pas encore très beau dans la région à cette époque (je confirme, il ne fait pas très beau). Malgré une durée plus longue, le nombre de visiteurs est nettement inférieur puisque ce sont « seulement » 1,5 million de gens qui viennent se promener sur le Wasen pendant la fête. Pourquoi trois fois moins qu'un octobre ? Je n'en ai pas la moindre idée.

Je vous avais déjà fait un long message sur le Wasen autonmal, je vais en refaire un sur le printemps, mais promis, en essayant de varier un peu. Je n'aime pas les redites, je hais les répétitions.

Mais comme j'aime bien commencer par le début... voici une photo de l'entrée principale, par laquelle presque personne n'entre.

Entrée du Wasen
Les tentes ne sont pas les mêmes. Les manèges ne sont pas (tous) les mêmes. Mais ils n'avaient apparemment pas les moyens d'avoir deux entrées différentes... bon ils ont remplacé le couple en costume local qui sert de décoration par des fleurs, certes...

Au passage, sachant que le portique mesure 6 mètres de haut et que le Höllenblitz que l'on voit au fond en mesure... oh allez je rigole !

Le petit marché qui vend de tout est toujours là. Je n'ai pas pu m'empêcher de dégainer mon appareil photo quand j'ai vu ça...

Keine China Ware
Mais en fait je ne suis pas sûr qu'il y ait un lien avec les JO... Ah oui pour les non-germanophones, l'écriteau nous indique « toutes les ceintures en cuir véritable, fabriqué en Allemagne et Italie, pas de marchandise chinoise !!! ». À peine avais-je pris la photo que le vendeur me saute dessus pour me dire qu'en fait on ne peut pas prendre de photos et qu'il faut demander... Je ne savais pas, mais la prochaine fois, je saurai. Et je ferai donc semblant d'avoir oublié.

Je vous ai déjà parlé ici de l'Höllenblitz, grand-huit transportable « à l'intérieur » sur le thème du train de la mine, avec cascade impressionnante intégrée. C'est lui qu'on voit au fond sur la première photo et en détail sur celle ci-dessous. Figurez-vous que l'autre soir, au-dessus de l'entrée du manège, les ampoules formant le tréma (ou le umlaut pour les puristes) du o de Höllenblitz étaient en pannes. Personnellement j'aurais ordonné la fermeture de l'attraction, tellement j'étais choqué de voir un truc qui ne fonctionne pas sur une fête foraine allemande. Rien ne va plus dans ce pays...

Höllenblitz
Bon en fait si, il y a encore des choses qui vont. Par exemple dans le village tyrolien, l'Almhüttendorf, le bien nommé. Vous savez, celui qui remplace le village français depuis la dernière Volksfest. La France c'était ringard et ça ne plaisait qu'aux vieux. Le Tyrol, ça, ça attire la jeunesse. (Et en plis c'est vrai, à en juger par le public présent dans le village tyrolien et celui qui était d'habitude dans le village français). Ce village est particulièrement remarquable pour le niveau de détail de la décoration. Voici par exemple un endroit où l'on peut manger à l'abri des intempéries, en écoutant de la musique (ils jouent la même chose que dans les tentes)...

Almhüttendorf
Si vous agrandissez la photo, vous constaterez que les tables sont ornées de motifs floraux peints sur le côté. Il y a d'autres espaces couverts dont les toits sont assez rigolos. Regardez-donc :

Un toit troué
Hé oui. Ils ont fait des trous dans le toit pour laisser passer la lumière du jour. Mais rassurez-vous, ils ont mis des plaques de plastique pour que la pluie, elle, ne passe pas. Et ils ont donné un style « abîmé » à tout ça pour faire typique.

Dans le genre typique, on a les animaux électroniques (mais recouverts de vrais faux poils sales et doux) à l'entrée.



Ils ont toujours beaucoup de succès auprès des petits enfants (et des Maxou).

Les stands qui vendent de la nourriture dans le village sont eux aussi très décorés. Ils ont tous sur le toit des machins comme ça...

Clocher et fleurs
Petit clocher et corbeille de fleurs (chaque corbeille de fleurs étant accompagnée d'un projecteur pour l'éclairer la nuit venue). Ah vraiment on se croirait en Autriche. Mais si on lève un peu les yeux, on aperçoit le Star Flyer et ses chaises volantes hautes, très hautes...

Toit
Vous aurez noté encore une fois les motifs floraux peints sur le toit faussement en mauvais état.

Mais sortons du village, il n'y a pas que ça à voir. Vous vous souvenez (j'espère) du hamburger qui vendait des hamburgers, et de l'épi de maïs qui vendait des épis de maïs. Rassurez-vous, ils sont toujours là. Mais accompagnés cette fois de la bouteille qui vend à boire.

Bouteille qui vend à boire
Bouteille qui n'est pas très loin du stand de nourriture à étage qui n'a aucun intérêt si ce n'est montrer qu'on n'hésite pas à construire des trucs compliqués sur les fêtes foraines juste pour impressionner le passant.

Restaurant à étages
Comme dans toute foire qui se respecte, il y a à manger à boire et à jouer... Des tombolas et des trucs du genre dont personne n'a jamais vraiment compris les règles (mais puisque « ici tout le monde gagne » après tout, quelle importance ?) avec des lots remarquables. Comme le faux tapis tigre.

Tapis tigre
Ou, mieux, la peluche lapin Playboy rose.

Lapin rose Playboy
Ou, encore mieux (oui c'est possible), la peluche Playboy léopard.

Lapin léopard Playboy
Après ça, je suis sûr que vous n'aurez même plus peur du clown géant qui est paraît-il là pour signaler un manège amusant (vous savez ces trucs où il faut traverser des tonneaux et marcher sur des tapis roulant mais où en fait vous allez mourir dans d'atroces souffrances) mais qui moi me fait très peur.

Clown moche
Bouh qu'il est pas joli. J'ai besoin d'une pause pour me remettre de mes émotions. Et c'est donc à vous, cher lecteur de jouer... Un jeu facile, très facile même.

Vous connaissez sans doute le manège Revolution, grand classique depuis des dizaines d'années mais toujours spectaculaire.

Quatre capitales
Regardez bien la décoration du panneau d'arrière-plan. Trois capitales (et cinq villes en tout) y sont représentées. Lesquelles ? Je vous laisse y réfléchir. Et j'arrête ici ce message qui est déjà bien long, je vous raconte plein d'autres choses sur la Frühlingsfest dans un deuxième message.

dimanche 27 avril 2008

Cannstatter Zeitung

Bonjour à tous, ça faisait longtemps !

J'étais à la Frühlingsfest cet après-midi, pour faire des photos. Et d'ailleurs, j'ai fait plein de photos. J'ai aussi mangé des frites et bu un Spezi, mais là n'est pas le sujet du ce message. Non. Je vous écris parce que près du stand d'information, là où à la Volksfest se dresse la Fruchtsäule et au printemps la Cannstatter Kanne, se trouvaient quelques piles de journaux, apparemment en libre service. Et je me suis donc servi (après avoir vérifié quinze fois qu'il n'y avait rien ni personne à proximité pour payer ou pour m'accuser de vol).

Et j'ai eu bien raison. Car j'ai ainsi pu découvrir... le (ou la pour les intégristes germanophones) Cannstatter Zeitung. Édition du week-end, c'est encore mieux ! Samedi-dimanche, six cahiers (six !), 52 pages au format « journal allemand » c'est-à-dire beaucoup trop grand pour être lu confortablement, peu importe la façon dont vous le posez ou le tenez.

Wikipédia m'en apprend un peu plus sur le journal en question. Imprimé au format rhénan, soit 350 mm par 510, ce qui est comme je le disais trop grand pour un être humain, il est vendu chaque jour à près de 8 800 exemplaires. Pas mal du tout, pour le journal local de Bad Canstatt et Untertürkheim (il existe deux éditions, une pour chaque ville, au contenu identique mais au titre différent... et pour indication il y a environ 65 000 habitants à Bad Canstatt et 16 500 à Untertürkheim, mais les deux villes sont rattachées à Stuttgart).

Que trouve-t-on dans ce magnifique journal ? Bon j'ai l'air ironique mais en fait je dois dire qu'il est pas mal du tout, et qu'en comparaison nos journaux régionaux français pourraient avoir honte. Voici un petit aperçu du numéro des 26 et 27 avril 2008, 17e semaine, n° 98, 184 année (c'est vieux !)...

À la une : la Chine veut reprendre le dialogue avec le Dalaï-lama. Le reste du premier cahier est consacré à la politique (« les boîtes aux lettres pourraient bientôt rester vides » en raison de la grève des facteurs), à l'actualité locale, très locale... comme la mise en place des palmiers pour la saison d'été à la Wilhelma, des infos sur la ville voisine, Stuttgart, et son aéroport (la liaison Stuttgart-Dubai n'est pas pour tout de suite, apparemment).

Le deuxième cahier est consacré à l'économie : la Kreissparkasse Esslingen-Nürtringen ne craint pas la crise économique. Deux pages spéciales sur l'actualité de la Frühlingsfest : défilé de dirndl dans une tente, visite de Rainhard Feindrich (et de sa compagne Ina Nadine Wagler), le star autrichienne, avant son concert « unplugged » dont les pubs sont partout dans le métro depuis quelques mois.

Vient ensuite le sport : le VfB (actuellement 5e en Bundesliga, et champion d'Allemagne en titre) a-t-il des chances face au FC Bayern (actuel 1er). Après quelques infos sur la future Coupe d'Europe, on retourne à la politique. La transition est assez violente. Réformes dans les maisons de retraite, suite de l'article sur le Dalaï-lama, et...

Un article sur Sarkozy ! On nous montre deux Français en train de le regarder à la télévision, et on nous explique que notre président, au plus bas dans les sondages, cherche une deuxième chance... Une interview qui, selon le journaliste, méritait plus le nom de monologue et lui a permis de faire l'éloge de soi-même. L'article est concis mais complet : on apprend tout, des mauvais sondages pour Sarko à l'avis du PS, en proie aux luttes de pouvoir en passant par le coût de l'opération de communication pour les chaînes de télévision : 280 000 euros.

Un peu d'actualité régionale ensuite, et l'endettement des communes du Bade-Wurtemberg. Puis un « regard sur le monde » avec le trafic de tortues en Thaïlande, et on arrive au quatrième cahier.

Quatrième cahier un peu plus léger. Une piste cyclable paneuropéenne de Paris à Prague, le programme des sorties, la météo, deux pages télévision, puis la cuisine et un article sur les spätzle ! Car les spätzle sont « plus que des pâtes » et son très bons avec des girolles, comme nous le montre une photo qui donne sacrément faim. Un autre article est consacré à la rhubarbe, à manger en compote, en parfait avec des fraises ou avec des côtelettes (en chutney), mais jamais crue, attention à l'acide oxalique. Une page voyage et excursions, fin du cahier.

Mais pas fin du journal : voici le cahier supplément week-end. Un cimetière à Rome, le quotidien dans les quartiers pauvres à New York, et la page culture, avec une dame aux cheveux noirs sur fond rouge... son visage me dit quelque chose... Elle a salué son public en déclarant « Sie sind immer in meinem Erzen » sans h à Herzen... mais oui c'est Mireille Mathieu ! Après 20 ans d'absence, la voilà de retour en Allemagne. Elle était apparemment moins à l'aise pour chanter « Ganz Paris ist ein Theater » (un Ohrwurm qui avait eu du succès ici dans les années 70) que pour ce pour quoi on... euh ils l'aiment : La vie en rose, ou ses nouveaux tubes comme Du bist die Welt. On poursuit avec le cinéma (oui pour Mireille ça suffit) et l'immobilier, et on expédie le dernier cahier consacré à l'emploi, à l'automobile et aux jeux.

Ouf ! C'était une lecture intense. Bon j'avoue j'ai pas tout lu... mais en comparant à mes souvenirs de DNA ou d'Alsace, je dois dire que les Allemands ont quand même l'air vachement plus doués que les Français pour les journaux locaux. Surtout que ça c'était Bad Cannstatt, mais à Ludwgsburg ou à Tübingen, il y en a d'autres, des journaux...